Ces petites rencontres… En Bosnie #2 – « Brown girl »

Mon premier lundi à Sarajevo, nous sommes allés le soir au Kino Bosna, un cinéma datant de l’époque de la Yougoslavie et qui est à présent reconverti en bar. Cet endroit est très apprécié, les habitants de Sarajevo s’y retrouvent pour boire, discuter et écouter des musiciens traditionnels qui passent de table en table. En arrivant l’atmosphère est un peu oppressante car je ne suis pas habituée aux espaces clos où il est possible de fumer, mais il respire en même temps la joie de vivre!

Nous nous asseyons avec nos amis. Une ou deux heures plus tard, un homme vient s’accroupir près de ma chaise. Après m’avoir salué il me dit: « I have ask the lady that owns the place if she could introduce me to the brown girl, but she said she can introduce me to a Greek girl » je pouvais voir la vieille dame intriguée pas trop loin. C’était marrant. Et puis il continuait à me dire qu’il avait vraiment insister pour parler à la « Brown girl » et a fini par venir me parler.
Le choix de mot est intéressant et je ne saurai l’expliquer. Mais il ne m’a pas qualifié de « Black » – dénomination bien plus courante – et du coup j’y ai trouvé quelque chose de moins « racialisant », plutôt tourné vers une caractéristique esthétique-physique.  Je ne saurais dire s’il a consciemment choisi ses mots mais cela m’a marqué. Qu’en pensez-vous ?

Puis il me demanda d’où je venais. Dire que je viens de France fait souvent sourciller en premier lieu, puis il me demanda si je venais d’Afrique, si j’étais « a Nubian » (référence je pense à l’image de la « Princesse Nubienne »). Lorsque j’ai mentionné la Guadeloupe, à ma grande surprise il s’excusa plusieurs fois pour son ignorance. Cela ne m’avait pas offensé et je ne souhaitais pas que s’installe une relation de domination. Il ne me dominerait pas en tant qu’homme et je ne le dominerai pas par mes « connaissances ». On a ensuite échangé sur Paris, qui a son sens était une ville ennuyeuse. Avant de repartir, il m’a demandé s’il pourrait revenir me parler car il avait de nombreuses questions à me poser. Cette curiosité ne me dérangeant pas parce que je ne l’ai pas perçu comme négative, je lui ai répondu qu’il n’y aurai pas de problèmes et que je répondrai à ce qui me conviendra. Mais nous ne nous sommes pas reparlé ce soir là…

Mise à jour, 5 Juin:
Mes amis et moi sommes par la suite aller à une autre soirée ce soir là. Je ne pensais pas le rencontré à nouveau, mais hier soir j’ai réalisé au combien Sarajevo était petit en le rencontrant à la Mucha Lucha (4 Juin). Fun fact: il m’a appelé « Guadeloupe ». Nous n’avons pas eu le temps de parler car, j’ai fais une nouvelle rencontre très marrante ce soir là.

« Qu’est-ce que tu vas f**tr* en Bosnie? »

Si le titre de cet article peu paraître vulgaire (ce ne sera pas le cas de son contenu), il s’agit d’une question qui m’a souvent été posé, plus ou moins en ces termes.

Je souhaitais participer à un programme « Humanity In Action » sur Paris pour mieux comprendre mon pays, sa diversité et les difficultés qu’il traverse en terme de droits humains (et tant d’autres problèmes sociaux). Il s’agit à la fois d’un programme d’études, de recherches et de discussion. Cependant, le programme parisien à été annulé et ils m’ont transféré vers le programme en Bosnie-Herzégovine.

Non, la Bosnie ne faisait pas partie de mon TOP10 des pays à visiter, mais…

Voilà ce n’était pas un choix en soi, mais j’ai tout de même choisi d’accepter et d’y aller. Ce qui est intéressant c’est qu’il s’agit de ma première fois en Europe de l’Est. Je ne connaissais de la Bosnie-Herzégovine que son histoire, et ce de manière superficielle et scolaire devrais-je dire. Il s’agissait donc d’une belle opportunité de découvrir un nouveau pays, sa culture, son histoire et les enjeux auquels il fait fasse.

« Mais ne sont-ils pas racistes ?! »

Well, voilà la seconde remarque qui m’a souvent été faite. Et à vrai dire j’ai fini par y croire, m’en convaincre et à appréhender ce petit choc culturel. Puis un ami un jour m’a dit « ce n’est pas forcément du racisme, ils vont surement plus être intéressé par ton côté « exotique » ».
Exotisme ou racisme, je serai amené à le savoir bien assez tôt de toutes les façons. Mais l’appréhension est je pense normal et en même temps un organisme tel que Humanity in Action ne m’aurait pas envoyé dans un pays si je courrais un danger. Donc, voilà ma petite mission sera de vérifier ce stéréotype et je l’espère, de le casser pour que mes petits Black Frenchies se rassurent.

Anyway… Je suis trop heureuse de repartir à la découverte! Aller en route !