Fondamentalement différente 

Avec cet article je ne généralise pas, mais relate une expérience. Se sont les mots que j’ai écris le jour même (4 juin) et que je vous livre tel qu’ils étaient sans modifications.

Après être sorti de Sevdah Art House, j’ai commencé à écrire là où nous sommes aller déjeuner

Ça devait arriver… En sortant de ce superbe café, kuća Sevdaha, au détour d’une terrasse nous sommes passer devant une table avec 5 enfants et 1 jeune femme.
J’ai senti leur regards et je me suis sentie tout de suite inconfortable, j’ai tourné le regard, et c’est en voyant le visage de mes amies que j’ai compris. En les regardant à nouveau, j’ai compris que c’était ce que je pensais, ils ricanaient en me regardant.

Devrais-je dire qu’on m’avait prévenu ? Devrais-je dire que je m’y attendais et que c’est OK? Je dois avoué que c’est tout de même douloureux, d’être observée et moquée à cause de sa couleur de peau. Il y a un mélange de malaise

Je n’ai pas fini cette partie car nous avons dû sortir du restaurant, pour aller à notre « lecture » (session) suivanteA la sortie du restaurant, je me suis retrouvée face à un groupe d’enfants, qui regardaient dans ma direction d’un regard perçant. Ne voulant pas être paranoïaque je suis allée me mettre plus loin dernière deux Amies-Fellows. Hélas même cela n’a rien changé… Ils m’observaient, leur regards intenses et un mélange de tant de choses. Une vingtaine d’yeux. Incompréhension. Anormalité. Étrange. Bizarre. Berk. Étonnant Spectacle. Pourquoi. Méchanceté. 

Durant la Session j’ai donc écris des brides de pensées …

L’enfance. J’ai toujours pensé que j’étais prête à répondre au racisme, avec sagesse ou colère. Répondre à l’ignorance des uns et m’énerver face à la haine des autres. Finalement je me suis retrouvée désarmer par des enfants ! Les mesquineries des uns et les regards perçants des autres ont eu raison de moi. Deux incidents en une journée, le sentiment d’être observée comme quelque chose d’anormale, ou d’étrange, un racisme inscrit au plus profond de leur ignorance ou de leur innocence. Je ne sais pas… Cela m’a désarmé, m’a blessé.

Victime de racisme – du racisme. Je ne me vois pas déclarer avoir été victime de racisme car il y a des cas tellement plus grave ! Mais je pense avoir été victime du racisme, de son héritage et de ceux qui le nourrisse de haine ou d’ignorance.

Honte? Avec du recul il est également intéressant d’analyser le sentiment de honte. J’avais honte que l’on me voit si vulnérable, tout d’abords. Honte d’avoir le sentiment d’avoir vécu quelque chose d’horrible. Être regardé en victime est aussi difficile. Honte que ces enfants aient eu raison de moi. Et enfin honte, d’avoir été, sur trois personnes de couleur, celle qui a été ciblée ou celle qui à craqué. Là tout de suite j’ai le rire d’une participante au Fellowship en tête. Je ne sais toujours pas si elle rigolait de la situation comme si j’étais une personne qui aurait dû vivre ce genre de choses plus tôt  ou si elle rigolait du fait que l’on essayait de me faire me sentir mieux malgré mes yeux rouges…

Ces petites rencontres… En Bosnie #3 – “Hi, You are beautiful”

Alors que nous marchions dans Sarajevo, un jeune homme qui vend de la nourriture au bord de la route me salua. J’ai donc répondu au bonjour avant de me replonger dans la conversation que j’avais avec deux personnes de mon programme. Quand l’un des Fellows, venant du Danemark, s’exclama « That is so offensive! ». La Fellow, venant de Bosnie, qui était en train de parler, s’arrêta perplexe sans comprendre (de même pour moi). Nous étions perdues. Il s’expliqua: ce jeune homme était « offensive » parce qu’il m’avait pas seulement dit bonjour, mais avait également ajouté « You are Beautiful ».

Je n’ai pas compris pourquoi il avait trouvé cela offensant, particulièrement parce qu’il est un homme. Je lui ai donc demandé ce soir là, pourquoi pensait-il ainsi. Il reprochait au jeune homme de s’être octroyé le droit d’avoir une opinion sur moi et de l’exprimer ainsi, sans considération pour moi. Cette action était selon lui directement agressive et offensante, une véritable intrusion.

Je ne souhaitais pas juste relater des faits, mais réfléchir à ce qu’il s’était passé… Et j’ai mis 3 soirs à coucher des mots sur mon clavier. Les choses sont ni noirs ni blanches, mais très complexes. Les mots à venir sont des pistes de réflexions et non pas d’inévitable réponses. 

Homme. J’ai tout d’abord été surprise. Venant d’un homme, je ne m’attendais pas à cette réaction, ces mots (comme premier avis). J’ai surement plus eu l’habitude de voir des hommes faire plus ou moins ce type de commentaires que d’en voir protester contre. Je ne dis pas que tous les hommes sont ainsi, juste que de mon vécu j’ai bien plus connus ce type d’interpellations, que de soutiens contre celles-ci. Est-ce une question d’éducation? De culture? Je ne peux bien sur rien affirmer. Mais après avoir parler avec mon ami, il m’a parlé du Danemark et de lui. Il se qualifie comme un féministe, et perçoit donc ce type de réaction comme une attaque et un manque de respect. Comment un homme peut se donner le droit d’interpeller une inconnue et lui dire ce qu’il pense d’elle, sans se soucier de ce que ça pourrait lui faire? (En gros) Il a également ajouté que cela ne se passe pas souvent au Danemark (en tout cas de son vécu).

Femme mais pas seulement. Vint mon tours d’expliquer ma réaction, car il m’avait trouvé très calme. Je lui ai alors expliqué qu’en venant ici, j’avais plus eu peur d’un rejet total du fait que la femme noire ne fait pas partie des principaux critères de beauté en général. Peut-être suis-je dramatique mais, je m’attendais à une forme de dégout ou d’indifférence. De ce fait, lorsque ce jeune homme m’a salué j’ai tout simplement répondu (politesse) mais je n’ai même pas fait attention/entendu ce qu’il a ajouté ensuite. Et lorsque mon camarade m’en a informé, je n’étais ni choquée ni (je ne sais pas).

Perception. En lui expliquant, que par rapport aux personnes m’ayant dit qu’il pensait que je souffrirai de beaucoup de racisme là-bas, je suis contente lorsque je vois que je n’ai pas ce genre d’attitude envers moi. Ce qui fait peut-être que « Hi, you are beautiful » ne m’a pas  parut être une attaque, car j’aurai pu être attaquée pour une autre raison… Mon ami à ce moment là réalisa – conscient que l’intersectionnalité existe – que dans mon cas j’avais aussi cette double identité (femme – noire) et que par conséquent je pouvais comme je pouvais ne pas être blessée par une forme « d’attaque » telle que celle-ci, sachant qu’une autre pouvait être pire.

Ces petites rencontres… En Bosnie #2 – « Brown girl »

Mon premier lundi à Sarajevo, nous sommes allés le soir au Kino Bosna, un cinéma datant de l’époque de la Yougoslavie et qui est à présent reconverti en bar. Cet endroit est très apprécié, les habitants de Sarajevo s’y retrouvent pour boire, discuter et écouter des musiciens traditionnels qui passent de table en table. En arrivant l’atmosphère est un peu oppressante car je ne suis pas habituée aux espaces clos où il est possible de fumer, mais il respire en même temps la joie de vivre!

Nous nous asseyons avec nos amis. Une ou deux heures plus tard, un homme vient s’accroupir près de ma chaise. Après m’avoir salué il me dit: « I have ask the lady that owns the place if she could introduce me to the brown girl, but she said she can introduce me to a Greek girl » je pouvais voir la vieille dame intriguée pas trop loin. C’était marrant. Et puis il continuait à me dire qu’il avait vraiment insister pour parler à la « Brown girl » et a fini par venir me parler.
Le choix de mot est intéressant et je ne saurai l’expliquer. Mais il ne m’a pas qualifié de « Black » – dénomination bien plus courante – et du coup j’y ai trouvé quelque chose de moins « racialisant », plutôt tourné vers une caractéristique esthétique-physique.  Je ne saurais dire s’il a consciemment choisi ses mots mais cela m’a marqué. Qu’en pensez-vous ?

Puis il me demanda d’où je venais. Dire que je viens de France fait souvent sourciller en premier lieu, puis il me demanda si je venais d’Afrique, si j’étais « a Nubian » (référence je pense à l’image de la « Princesse Nubienne »). Lorsque j’ai mentionné la Guadeloupe, à ma grande surprise il s’excusa plusieurs fois pour son ignorance. Cela ne m’avait pas offensé et je ne souhaitais pas que s’installe une relation de domination. Il ne me dominerait pas en tant qu’homme et je ne le dominerai pas par mes « connaissances ». On a ensuite échangé sur Paris, qui a son sens était une ville ennuyeuse. Avant de repartir, il m’a demandé s’il pourrait revenir me parler car il avait de nombreuses questions à me poser. Cette curiosité ne me dérangeant pas parce que je ne l’ai pas perçu comme négative, je lui ai répondu qu’il n’y aurai pas de problèmes et que je répondrai à ce qui me conviendra. Mais nous ne nous sommes pas reparlé ce soir là…

Mise à jour, 5 Juin:
Mes amis et moi sommes par la suite aller à une autre soirée ce soir là. Je ne pensais pas le rencontré à nouveau, mais hier soir j’ai réalisé au combien Sarajevo était petit en le rencontrant à la Mucha Lucha (4 Juin). Fun fact: il m’a appelé « Guadeloupe ». Nous n’avons pas eu le temps de parler car, j’ai fais une nouvelle rencontre très marrante ce soir là.

Ces petites rencontres… En Bosnie #1 – « Toi, tu es française?! »

Le jour suivant mon arrivée à Sarajevo, je suis entrée avec mes deux colocataires dans une petite épicerie de quartier près du parc Kosevo. Un homme à la caisse nous entendant parler anglais, nous à demander d’où nous venions, tout en continuant à faire face au caissier. Tour à tour nous avons donné notre nationalité. En entendant ma nationalité il se tourna en demandant « Oh qui est français? » et j’ai donc répondu « moi », il a alors réagi en disant  « Toi, tu es française?! ». Je n’ai pu répondre que « oui, moi je suis Française » et nous sommes parti chacun de notre côté.

Ce n’est pas la première fois que cela m’arrive, souvent il s’agit d’une grande surprise et parfois les gens ne me croient pas. Cela m’était arriver souvent en Tanzanie, ils ajoutaient « But originally, where are you from? » Apparemment ce jour là il ne semblait pas ni me croire ni intéressé… ahahah

First Time… in Africa – Il y a un début à tout… Tanzania!

– Aspiration – 

Cessons de nous mentir, un voyage (même sur un coup de tête) ne se fait pas vers une destination au hasard… Dans le fond nous recherchons tous quelque chose : un dépaysement, une température, une culture, …

Alors quand j’ai annoncé à ma mère « Maman je veux aller en Afrique », elle savait qu’il n’y avait pas de hasard. Je suis une antillaise vivant en banlieue parisienne ne supportant pas de rester plus de 15 minutes dans le jardin de son père et ayant une spécialisation régionale (à la fac) sur l’Amérique Latine… Autant dire que ma mère était surprise et que la moitié de ma famille attendait juste d’avoir des nouvelles de moi en terre inconnue prêt à se tordre de rire et qu’il faut que je justifie cette destination d’un point de vue éducatif.

Enfin bref, rien ne me prédisposait à être ou’ je suis actuellement… Et pour être honnête vous m’auriez demandé il y a exactement deux ans, « veux-tu aller en Afrique » je vous aurais dis : « NEVER EVER (I am not ready for that) ». Pourtant depuis l’école primaire, mes ami(e )s me permirent de découvrir et d’apprécier la culture africaine (sub-saharienne comme maghrébine), la musique, la nourriture, l’histoire et les traditions. Mais la situation géopolitique du continent Africain ne me donnait guerre l’envie de m’y rendre et en grandissant avoir conscience des dangers mais surtout de la misère et l’injustice qui pouvait y avoir me soulevait le cœur. En gros je ne me voyais pas y aller sans une quinzaine de boite de mouchoir pour essuyer mes larmes. Cela semblera ridicule pour beaucoup mais bon d’un coté je parle d’aller en Afrique en mission humanitaire ou avec une organisation œuvrant pour les droits de l’homme et pas d’aller en Spa ou dans un Resort !

– Donc l’Afrique, finalement « Oui » mais pourquoi ? –

  • J’ai rencontré durant mon année d’échange des Nigérians et une Américaine amoureuse du Ghana. Ils m’ont transmis leur amour du continent Africain (et leur amour de la musique aussi !)
  • Etudier de manière plus approfondis les relations internationales et ne pas vouloir me limiter à une zone géographique (Amérique Latine – Caraïbe) + voir le fonctionnement d’une organisation internationale
  • Avoir envie de vraiment découvrir l’Afrique de mes yeux afin de trier le vrai du faux dans tous ces discours paternalistes, humanitaires et autres.
  • Au vu de mon cursus rester dans mon petit pays occidental n’est pas pertinent
  • ET SURTOUT Mon instinct : j’ai eu ce besoin de découvrir ce continent et de sortir de ma zone de confort parisienne/occidentale.

– Anyway, here I am Tanzania! – 

The Tanzanian Flag

Ahahah les deux choses dont j’avais le plus peur en Afrique me sont tombés dessus la même nuit ! Mais c’est aussi de à ces deux choses que je me suis le plus vite habituée… TRAFIC & ARAIGNEES ! (Ok, deux jours après avoir écris cela JE RETIRE ! Je ne me ferais jamais aux araignées !) Donc une fois arrivée à l’aéroport international Julius Nyerere, j’ai donc pris un taxi… Cinq minutes plus tard un bus dans un trou et quelques mètres plus tard un immense carrefour traversé comme si c’était un simple boulevard sans croisement ! Enfin bref, c’était fait ! Une fois arrivée à Mikocheni, une grosse araignée dans la salle de bain de ma chambre en guise de message de bienvenue et une autre prés du lit… Je n’ai pas crié (ma famille dirait « Impossible qu’elle n’ai pas crié») puis j’ai dégainé mon insecticide (Oui je suis venue avec ma super bombe anti cafard/araignée/fourmi et même l’insecticide que tu branches à une prise, car oui je suis une citadine !)

Sans raconter toute ma première semaine (je pense qu’on n’en aurait pas fini) le top 5 (+bonus)  des choses qui m’ont le plus surprise :

  1. TRAFIC ! Non je vais avoir l’air parano mais c’est impressionnant. Pour eux le pire se sont les bouchons pour moi c’est juste la manière dont ils conduisent. C’est-à-dire qu’une rue à deux voies peut facilement devenir une rue à sens unique ! Chaque conducteur et conductrice peut se transformer en conducteur de rallie en deux secondes. Fini la bonne ménagère, le grand père ou l’homme d’affaire et bonjour les Schumacher ! Doubler et rouler  à contre sens jusqu’à rencontrer une voiture arrivant en face, c’est juste flippant et ce n’est pas une scène de film mais un quotidien ! A la fin, quand il t’arrive rien, c’est je ne mentirais pas c’est marrant comme  une mini attraction ou la participation à un film d’action.
  2. FOOD ! Je me régale (mis à part le Zanzibar Mix et le Michkaki à Dodoma – peut-être dans un autre article). Et pour pas trop cher on peut avoir une assiette bien garni et juste délicieuse ! (Food articles comiiiing) De plus à chacune des réunions tu as du thé et un petit gouter et dans le meilleur des cas tu as carrément un déjeuner tout frais payer et la pose the peut être extrêmement copieuse ! FOOD PARADISE!
  3. INSECURITY ! Je ne pensais pas que dans un pays ou il n’y a pas de crise politique ou sociale extrême, tu puisses tant ne pas te sentir en sécurité. J’avais acheté un sac à dos pour l’occasion pensant que mes sacs à mains seraient trop voyant, au bout du second jour on m’a dit que je devrais le laisser a la maison car on pourrait me l’arracher dans la rue (et me trainer avec si nécessaire). Encourageant ? Puis plusieurs personnes m’ont parlés des risques – notamment pour les jeunes femmes et dont vous devez vous douter – mais bon en gros vol, vol et vol. A priori ici tout ce vol et tout ce revend ! Donc ou je me ballade uniquement avec mon portefeuille ou avec un sachet en guise de sac a main (Trendy ?!). Je jalouse toutes ces femmes et leur sac a main mais elles, elles sont « locales » ou véhiculées (Je ne suis ni l’une ni l’autre).
  4. LANGUAGE ! Pour faire court (Car je pense en reparler dans un poste) si tu ne parles pas Swahili tu te faire arnaquer ET si tu es noir « tu dois » savoir parler Swahili. Cette manière de pensée est tellement réductrice, narrow minded, stupide, énervante, … Pour la partie arnaque c’est arrivé une fois durant ma première journée et depuis je n’hésite pas a négocier et/ou m’énerver (non mais je ne suis pas une quiche !!). Pour ce qui est du lien entre couleur de peau, langue et origine… Cela sera dans un autre poste.
  5. I WAS NOT LOST ! Bon mise à part le manque clair de signalisation et d’indications je n’étais pas perdue. Sur certains points (température, flores, certaines nourritures, certains éléments et certains paysages) Dar Es Salaam m’a rappelé la Guadeloupe donc ce n’étais pas un choc comme ceux qui passe de Paris à Dar. Je suis donc positivement dépaysée mais pas perdue ou perturbée, c’est bien plus le contact humain qui me perds parfois et me surprend…
  6. BONUS ! Impressionnée par les programmes et divers projets mis en place en faveur de « l’empowerment » des femmes en Tanzanie. Mais surtout impressionnée, inspirée et émue par leur volonté et le combat qu’elles mènent de front de l’élite aux villages, femmes et jeunes filles.

Clearly Outsider in Dar Es Salaam

(Oui, il y a deux jours c’est tout ce que j’ai à faire Durant mon “stage”)