L’histoire de l’ultime stage #2

Parlons racisme en entreprise ? Oula, je vois déjà les personnes mal à l’aise, celles qui regardent ailleurs, celles qui transpirent ou s’agitent sur leur siège, mais je sens aussi celles qui pensent qu’une personne racisé-e rapporte toujours tout à cela ou encore les fakes Color blinds qui en fait ferment juste les yeux…

Synopsis: C’est l’histoire d’une gentille collègue, avec un visage d’ange et du caractère, un style classique et soignée, et pour qui apparemment les « blagues racistes » sont tordantes…

La Blague raciste S01E01

Après quelques jours sur mon nouveau stage…  (Dialogue)

  • « Quelqu’un aurait un chargeur? (La Doyenne)
  • « J’en ai un si tu veux » (L’Autre Stagiaire)
  • « Merci Stagiaire Too » (La Doyenne)
  • « Oh mais il est rose, tu l’as acheté où? » (La Gentille Collègue)
  • « Je l’ai rapporté de Chine » (L’Autre Stagiaire)
  • « Alala ces Chinois… » (La Gentille Collègue) « Mince, je ne pourrai plus faire de blagues racistes… » *Petits rires*
  • *Silence*

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Quel dommage d’avoir perturbé ces bonnes petites habitudes! Morale de l’histoire: Règle #1 pour gérer la « diversité » en équipe, ne plus faire de blague raciste et signifier bien fort que cela ne sera plus possible dorénavant (après tout il y a une petite black dans l’équipe).

 La Blague raciste S01E02

(Ahah, oui il y a eu un second épisode sinon ça ne serait pas marrant!)

Heure du déjeuner, ascenseur bondé, parmi toutes ces personnes:  La Gentille Collègue, Ma Responsable, Posh* et L’Autre Stagiaire. Bien qu’à côté d’elles, les trois premières font des messes basses autour de La Gentille Collègue et éclatent de petits rires « discrets ». L’Autre Stagiaire se met à rigoler doucement elle aussi, ce à quoi La Gentille Collègue répond:

  • « Ahahah Stagiaire Too, tu rigoles toujours à mes petites blagues racistes »

I was like, « really, again?! » :
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C’est de l’humour après tout…

On a surement tous utilisé un stereotype pour faire de l’humour (bien que ce ne soit pas quelque chose d’excusable). Ce type d’humour est souvent réalisé au sein d’un groupe d’individus ayant les mêmes codes ou le même background. La « blague » est alors comprise par le groupe, offensant les individus visés mais absents, ou parfois acceptées par ces personnes car cette « vanne » répond à des codes admises par le groupe. Bref…

Cependant dans ma situation:

  • Faire de mon arrivée la raison pour laquelle tu ne peux plus faire de « blagues racistes » n’est pas respectueux ou ou un geste sympathique, c’est pathétique (et offensant).
  • Faire des « blagues (racistes) » de manière à ce que je ne les entende pas pour préciser qu’elles étaient racistes ensuite, n’est ni discret ni respectueux c’est juste ridicule (et toujours offensant).
  • T’exclamer que tu fais des « blagues racistes » ce n’est pas cool ! (Tristement je dois le préciser)
  • Mettre « blagues » devant « racistes » ne retire pas le fait que le discours tenu soit « raciste ».
  • FYI, une « blague raciste » n’est que l’expression d’un racisme ordinaire et décomplexé.

Sur ce, j’aurai du me douter de cela lorsqu’à mon arrivée Posh m’a dit que j’étais la seconde « caution exotique » du pôle international (la première étant notre jolie collègue blonde Franco-Néo-Zélandaise).

Bref, 0/0 pour la compétence « savoir travailler dans un milieu multiculturel« .

*Posh désigne une personne très classe ou sophistiquée.

L’histoire de l’ultime stage #1

11:00 – J’ai décidé d’utiliser mon temps libre pour écrire sur mon stage… Mais ne vous méprenez pas, mon temps libre se situe exactement pendant mon temps de stage et il ne s’agira pas d’une fiche type ONISEP. Juste un article sur le joyeux quotidien de mon dernier stage…

Comment suis-je arriver là ? 

J’ai simplement souhaité faire un stage de fin d’étude de 6 mois, qui pour des raisons administratives ne m’était autorisé que si j’étais inscrite dans un établissement. Ayant eu à m’inscrire et payé des frais de scolarité pour une année, j’ai alors pensé en profiter pour faire 2 stages de 6 mois! (Une belle occasion quand tu as chopée 3 stages). Cette idée qui me semblait « brillantissime » est en train de virer au « cauchemar ».

Un mois en agence: avant…

J’ai réussi à obtenir ce stage l’été dernier comme les deux autres. Mais suite à de nombreuses aventures mails et téléphoniques mon stage a débuté en Mars juste à la suite du premier.

J’avais vraiment hâte d’effectuer ce stage, les plus : être dans une (grande) agence de communication, bosser sur des sujets divers et variés, développer une expertise en stratégie et communication, et enfin voyager ! Oui à l’entretien on m’a dit que même comme stagiaire je pourrai être amenée à voyager, bosser sur divers dossiers plus ou moins gros et découvrir le métier du conseil en communication (stratégie et communication included). J’étais tellement impatiente! Mais on m’avait aussi prévenu durant l’entretien: charge de travail importante, travailler tard ou les samedis… Mes amis aussi m’ont prévenu: boite super exigeante, horaires terribles, … Bref, j’étais prête à être une no life si je pouvais monter en compétence !

…Et après

Au début c’était super, du boulot dès le premier jour sur un sujet que je ne connaissais pas! Top! Deux jours après je le cumule avec un autre dossier, sur un pays que je ne connaissais pas! Super! Puis la semaine suivante une région que je connais et un sujet super intéressant! Mais avec du recul je me rends compte: que mes rendus n’ont pas de feedback car le dossier n’est plus prioritaire (fine) ou tout simplement car il a été utilisé comme base pour monter un dossier dont tu n’as vent qu’une fois que la présentation au client a été faite (en soit me montrer le rendu final sans le processus de reflexion…bof). Du coup un peu de frustration, tu n’as pas les briefs en amont, on te demande des recherches sur un sujet sans le contextualiser et au final pas de stratégie/communication, et pas vraiment de feedback pour une progression.

Du coup, voilà 18 jours ouvrés (3 semaines et demi) que je suis devenue « collaboratrice de consultante » et c’est officiellement le 5e jour où je n’ai rien à faire (autre qu’écrire ces pages). Au pire j’ai fini un powerpoint jeudi matin (pour la forme) et fait un document de 6 pages lundi matin, tadaam. Les 4 derniers jours de travail de ma vie. L’autre jour je me suis permise d’aller à une après-midi de conférence car je n’avais rien de mieux à faire (True la conférence était top, et en revenant à 19h je n’avais toujours pas de boulot) et ce matin j’ai commencé 1h30 plus tard car je devais passer à mon école et malgré ça toujours pas de boulot ! Ne vous méprenez pas, je ne suis pas capricieuse, je souhaite juste bosser et je comprend que parfois en agence il y ait des moments avec une charge de travail moindre. Mais si toute l’équipe est busy et que la stagiaire ne l’ai pas: il y a un souci. Donc j’ai décidé d’écrire…

« Tu as du temps libre et tu es payé » me direz-vous…

Personne (ou peu de monde) n’aime se lever, aller dans un bureau et ne rien y faire de 9h30 à 18h30/19h (oui car je suis supposée finir à 18h, mais que le politiquement correct est de partir entre 18h30 et 19h00).

Personne n’aime ne pas travailler pour moins de 600€ (grand groupe, troupeau de stagiaire et petite indemnisation – chose pas toujours vrai car le grand groupe ou j’étais stagiaire avant me payait le double).

Personne n’aime ne pas travailler quand l’objectif était réellement d’apprendre.

Personne n’aime ne pas travailler ou avoir de feedback quand ton dernier stage est celui qui va sceller le CV qui te permettra d’avoir un emploi.

Miracle, il est 12h j’ai enfin du boulot… Une petite recherche. Vous m’avez porté chance… Mais je n’en reste pas là, je compte bien développé un peu sur mon ultime stage et pourquoi pas l’univers des stages en général…

PS: après tout je viens d’entendre que la réponse à « quel profil vous privilégiez pour votre prochain stagiaire? » a été répondu « fils d’ambassadeur »… To be continued, je dois bosser ! (lol)

Une banlieusarde en voyage.

Cet article est un « must read » car il décrit bien ce que peuvent ressentir certains jeunes partant en échange, stage ou autre à l’étranger. Entre être français ou être « français » car d’origine autre, la perception des autres ou de nos compatriotes, le respect des uns et l’ignorance des autres.

Cet article raconte une réalité et c’est mon article de la journée !