Une banlieusarde en voyage.

Cet article est un « must read » car il décrit bien ce que peuvent ressentir certains jeunes partant en échange, stage ou autre à l’étranger. Entre être français ou être « français » car d’origine autre, la perception des autres ou de nos compatriotes, le respect des uns et l’ignorance des autres.

Cet article raconte une réalité et c’est mon article de la journée !

First Time… in Africa – Il y a un début à tout… Tanzania!

– Aspiration – 

Cessons de nous mentir, un voyage (même sur un coup de tête) ne se fait pas vers une destination au hasard… Dans le fond nous recherchons tous quelque chose : un dépaysement, une température, une culture, …

Alors quand j’ai annoncé à ma mère « Maman je veux aller en Afrique », elle savait qu’il n’y avait pas de hasard. Je suis une antillaise vivant en banlieue parisienne ne supportant pas de rester plus de 15 minutes dans le jardin de son père et ayant une spécialisation régionale (à la fac) sur l’Amérique Latine… Autant dire que ma mère était surprise et que la moitié de ma famille attendait juste d’avoir des nouvelles de moi en terre inconnue prêt à se tordre de rire et qu’il faut que je justifie cette destination d’un point de vue éducatif.

Enfin bref, rien ne me prédisposait à être ou’ je suis actuellement… Et pour être honnête vous m’auriez demandé il y a exactement deux ans, « veux-tu aller en Afrique » je vous aurais dis : « NEVER EVER (I am not ready for that) ». Pourtant depuis l’école primaire, mes ami(e )s me permirent de découvrir et d’apprécier la culture africaine (sub-saharienne comme maghrébine), la musique, la nourriture, l’histoire et les traditions. Mais la situation géopolitique du continent Africain ne me donnait guerre l’envie de m’y rendre et en grandissant avoir conscience des dangers mais surtout de la misère et l’injustice qui pouvait y avoir me soulevait le cœur. En gros je ne me voyais pas y aller sans une quinzaine de boite de mouchoir pour essuyer mes larmes. Cela semblera ridicule pour beaucoup mais bon d’un coté je parle d’aller en Afrique en mission humanitaire ou avec une organisation œuvrant pour les droits de l’homme et pas d’aller en Spa ou dans un Resort !

– Donc l’Afrique, finalement « Oui » mais pourquoi ? –

  • J’ai rencontré durant mon année d’échange des Nigérians et une Américaine amoureuse du Ghana. Ils m’ont transmis leur amour du continent Africain (et leur amour de la musique aussi !)
  • Etudier de manière plus approfondis les relations internationales et ne pas vouloir me limiter à une zone géographique (Amérique Latine – Caraïbe) + voir le fonctionnement d’une organisation internationale
  • Avoir envie de vraiment découvrir l’Afrique de mes yeux afin de trier le vrai du faux dans tous ces discours paternalistes, humanitaires et autres.
  • Au vu de mon cursus rester dans mon petit pays occidental n’est pas pertinent
  • ET SURTOUT Mon instinct : j’ai eu ce besoin de découvrir ce continent et de sortir de ma zone de confort parisienne/occidentale.

– Anyway, here I am Tanzania! – 

The Tanzanian Flag

Ahahah les deux choses dont j’avais le plus peur en Afrique me sont tombés dessus la même nuit ! Mais c’est aussi de à ces deux choses que je me suis le plus vite habituée… TRAFIC & ARAIGNEES ! (Ok, deux jours après avoir écris cela JE RETIRE ! Je ne me ferais jamais aux araignées !) Donc une fois arrivée à l’aéroport international Julius Nyerere, j’ai donc pris un taxi… Cinq minutes plus tard un bus dans un trou et quelques mètres plus tard un immense carrefour traversé comme si c’était un simple boulevard sans croisement ! Enfin bref, c’était fait ! Une fois arrivée à Mikocheni, une grosse araignée dans la salle de bain de ma chambre en guise de message de bienvenue et une autre prés du lit… Je n’ai pas crié (ma famille dirait « Impossible qu’elle n’ai pas crié») puis j’ai dégainé mon insecticide (Oui je suis venue avec ma super bombe anti cafard/araignée/fourmi et même l’insecticide que tu branches à une prise, car oui je suis une citadine !)

Sans raconter toute ma première semaine (je pense qu’on n’en aurait pas fini) le top 5 (+bonus)  des choses qui m’ont le plus surprise :

  1. TRAFIC ! Non je vais avoir l’air parano mais c’est impressionnant. Pour eux le pire se sont les bouchons pour moi c’est juste la manière dont ils conduisent. C’est-à-dire qu’une rue à deux voies peut facilement devenir une rue à sens unique ! Chaque conducteur et conductrice peut se transformer en conducteur de rallie en deux secondes. Fini la bonne ménagère, le grand père ou l’homme d’affaire et bonjour les Schumacher ! Doubler et rouler  à contre sens jusqu’à rencontrer une voiture arrivant en face, c’est juste flippant et ce n’est pas une scène de film mais un quotidien ! A la fin, quand il t’arrive rien, c’est je ne mentirais pas c’est marrant comme  une mini attraction ou la participation à un film d’action.
  2. FOOD ! Je me régale (mis à part le Zanzibar Mix et le Michkaki à Dodoma – peut-être dans un autre article). Et pour pas trop cher on peut avoir une assiette bien garni et juste délicieuse ! (Food articles comiiiing) De plus à chacune des réunions tu as du thé et un petit gouter et dans le meilleur des cas tu as carrément un déjeuner tout frais payer et la pose the peut être extrêmement copieuse ! FOOD PARADISE!
  3. INSECURITY ! Je ne pensais pas que dans un pays ou il n’y a pas de crise politique ou sociale extrême, tu puisses tant ne pas te sentir en sécurité. J’avais acheté un sac à dos pour l’occasion pensant que mes sacs à mains seraient trop voyant, au bout du second jour on m’a dit que je devrais le laisser a la maison car on pourrait me l’arracher dans la rue (et me trainer avec si nécessaire). Encourageant ? Puis plusieurs personnes m’ont parlés des risques – notamment pour les jeunes femmes et dont vous devez vous douter – mais bon en gros vol, vol et vol. A priori ici tout ce vol et tout ce revend ! Donc ou je me ballade uniquement avec mon portefeuille ou avec un sachet en guise de sac a main (Trendy ?!). Je jalouse toutes ces femmes et leur sac a main mais elles, elles sont « locales » ou véhiculées (Je ne suis ni l’une ni l’autre).
  4. LANGUAGE ! Pour faire court (Car je pense en reparler dans un poste) si tu ne parles pas Swahili tu te faire arnaquer ET si tu es noir « tu dois » savoir parler Swahili. Cette manière de pensée est tellement réductrice, narrow minded, stupide, énervante, … Pour la partie arnaque c’est arrivé une fois durant ma première journée et depuis je n’hésite pas a négocier et/ou m’énerver (non mais je ne suis pas une quiche !!). Pour ce qui est du lien entre couleur de peau, langue et origine… Cela sera dans un autre poste.
  5. I WAS NOT LOST ! Bon mise à part le manque clair de signalisation et d’indications je n’étais pas perdue. Sur certains points (température, flores, certaines nourritures, certains éléments et certains paysages) Dar Es Salaam m’a rappelé la Guadeloupe donc ce n’étais pas un choc comme ceux qui passe de Paris à Dar. Je suis donc positivement dépaysée mais pas perdue ou perturbée, c’est bien plus le contact humain qui me perds parfois et me surprend…
  6. BONUS ! Impressionnée par les programmes et divers projets mis en place en faveur de « l’empowerment » des femmes en Tanzanie. Mais surtout impressionnée, inspirée et émue par leur volonté et le combat qu’elles mènent de front de l’élite aux villages, femmes et jeunes filles.

Clearly Outsider in Dar Es Salaam

(Oui, il y a deux jours c’est tout ce que j’ai à faire Durant mon “stage”)