« Le moins que l’on puisse dire c’est que le poète noir ne tire pas à blanc »

Parlons d’une claque musicale que j’ai eu le 13 septembre 2016 à 20h. Je n’ai jamais été une fan inconditionnelle du rap, mais ai toujours su apprécier certains artistes et la force qu’ils donnaient aux mots. Ce 13 septembre, Kery James a encore frappé à la porte de mes oreilles avec « Musique Nègres », une collaboration avec Lino et Youssoupha. Les paroles et références en font un son puissant! Des références historiques de l’histoire des Noirs telles que: Martin Luther King, Malcom X, Chaka Zoulou, Huey P. Newton (Black Panthers), Rosa Parks, Toussaint Louverture, Alexandre Dumas, … Et bien évidemment des cas historiques ou d’actualités de racisme, d’injustice, de discrimination, de crimes contre l’humanité (oui oui petit rappel:l’esclavage) et d’autres sont cités et de nombreuses personnes nommées de Bonaparte à Sarkozy, en passant par Laurent Blanc, Guerlain et tant d’autres. Je vous laisse écouter:

A cela s’ajoute donc le clip dont on doit la réalisation à Leïla Sy, ses qualités artistiques et son talent pour illustrer les mots de Kery James avaient déjà été démontrés dans « Lettre à la République« . Le clip nous offre des références bien choisies d’acteurs fort de l’histoire des Africains et Afrodescendants du monde entier: MLK, Malcom X, Huey P. Newton, les  tirailleurs sénégalais, Rosa Parks, Thomas Sankara ou encore Muhammad Ali et d’autres.

Un régal pour ceux qui savent, de superbes énigmes pour ceux qui veulent savoir et un pied de nez aux ignorants qui ne veulent ni savoir ni comprendre…Je suis d’ailleurs tombée sur un super article de Shah Jamsheed qui décrypte ce clip ainsi que les paroles.

Le temps d’un morceaux soyez conscient ou soyez fier (« Les grosses lèvres les plus célèbres. Je me sens beau, noir, je m’élève »). Ouvrez les oreilles, ouvrez vos yeux, bonne écoute et bonne lecture 😉  

Ces petites rencontres… En Bosnie #1 – « Toi, tu es française?! »

Le jour suivant mon arrivée à Sarajevo, je suis entrée avec mes deux colocataires dans une petite épicerie de quartier près du parc Kosevo. Un homme à la caisse nous entendant parler anglais, nous à demander d’où nous venions, tout en continuant à faire face au caissier. Tour à tour nous avons donné notre nationalité. En entendant ma nationalité il se tourna en demandant « Oh qui est français? » et j’ai donc répondu « moi », il a alors réagi en disant  « Toi, tu es française?! ». Je n’ai pu répondre que « oui, moi je suis Française » et nous sommes parti chacun de notre côté.

Ce n’est pas la première fois que cela m’arrive, souvent il s’agit d’une grande surprise et parfois les gens ne me croient pas. Cela m’était arriver souvent en Tanzanie, ils ajoutaient « But originally, where are you from? » Apparemment ce jour là il ne semblait pas ni me croire ni intéressé… ahahah

This article made my day #1

 

Voici les articles qui ont éclairé ma longue journée de cours et de lectures :

Si les Noirs parlaient comme les Blancs…, le hashtag qui retourne les clichés

#SiLesNoirsParlaientCommeLesBlancs : « C’est tes vrais cheveux ? »

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Car on a tous fait les frais du manque de connaissances ou de la naiveté d’individus du groupe majoritaire, cela fait du bien de lire ces petits tweets qui inverse la situation !

  • Et non je ne danserai pas à chaque foi qu’il y aura du Franky Vincent,
  • Non je n’aurai pas à t’expliquer quoi que se soit à propos de mes cheveux si tu les vois comme quelque choses d’étrange ou d’incompréhensible (je ne te demande pas à toucher tes cheveux)
  • Peu importe les degrés de mélanine que j’ai par rapport à mes soeurs, oui se sont mes soeurs « pour de vrai »
  • Vous bronzé et pourquoi pas nous ?

 

Tant de choses qu’on ne devrait pas expliquer et qu’on ne vous demande pas de nous expliquer… Cela arrive mais trop peu souvent, donc je rêve du jour où il n’y aura qu’un intérêt sincère derrières ces questions et qui ne soit pas alimenté par des préjugés et stéréotypes racistes.

Enfin bref, les articles du jour 😀

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Million man march, 20th anniversary

Durant mon séjour j’ai eu l’occasion de participer – à mon niveau, donc il s’agissait peut-être plus d’assister – à la Million Man March , dont le thème cette année était « Justice or Else ». Moment important pour l’histoire Afro-Américaine, j’ai absolument voulu participer à l’anniversaire de cet événement historique.

Court rappel

Il y a 20 ans les Afro-Américains se mobilisaient afin de faire valoir leurs droits et appeler la communauté Afro-Américaine à l’unité, la solidarité et également « to empower themselves ».

Pour ma part

Mon père m’a élevé en me parlant de l’histoire de France mais pas seulement, l’histoire des populations noires également: l’esclavage, l’histoire des Antilles et aussi l’histoire des Afro-Américains. Tout cela m’a toujours passionné et être témoin de la force de démonstration de cette communauté était une opportunité unique.

La Million Man March

J’ai réellement été impressionné par la présence d’un large panel d’Afro-Américains: des étudiants (Howard University, notamment largement représenté), des enfants, des personnes âgées, des adultes et tous de différents milieux. Il y avait de vifs débats et échanges entre personnes qui parfois ne se connaissaient même pas, sur des sujets variés: identité, religion, sexe/genre, droits, injustices… Différentes opinions et visions mais finalement un but: « to Empower their community ».

Durant cette journée j’ai également découvert que s’ils s’adressaient par cet événement aux Afro-Américains, ces derniers n’étaient pas l’unique audience. Les différents orateurs parlaient parfois « DES » minorités américaines et de leur devoir de faire front face à l’Etat américain pour leurs droits, leurs libertés, leur sécurité et le respect. Il y a donc eu des représentants d’autres communautés (Latino, Musulmans, Native-American, …) et les femmes également eurent la parole (cf. 1997, Million Woman March). Parfois les lignes étaient plus flou comme par exemple une Afro-Native-Américaine ou Frère Abel Muhammad, Latino-Musulman. La société américaine est définitivement divisée en communauté mais elle possède aussi beaucoup de diversité et peut être complexe.

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J’ai également eu l’occasion de rencontrer des Black Panthers et d’échanger avec eux. Le mouvement n’est pas aussi fort que du temps de Malcom X et Stokely Carmichael, cependant son histoire est telle qu’il s’agissait d’un moment particulier pour moi. Je n’adhère pas à tout concernant ce mouvement, mais je respect le combat qui a été mené. (Je devrais d’ailleurs faire quelques recherches sur ce qu’ils font à présent.) Néanmoins, ce court échange fut un échange interculturel très intéressant. Lorsque j’ai parlé de la situation de la France ils étaient surpris. Ce qui démontre l’aspect national du mouvement. J’étais à la fois déçu qu’ils ne s’ouvrent pas à la situation des populations noirs dans d’autres pays, notamment des pays occidentaux qui rencontrent des situations similaires; mais j’étais également contente de leur donner cette information. J’ai beaucoup appris en étudiant l’histoire des Black Panthers et que le savoir aille dans l’autre sens aussi, était une petite fierté. Enfin bref, pour faire court ils avaient du mal à concevoir qu’en France notre « négritude » ne soit pas reconnu par l’Etat comme les Etats-Unis reconnaissent la présence de la communauté Afro-Américaine.

Je voulais faire court, et je suis assez contente de mon résumé. Inutile de trop écrire je sais qu’on prends de moins en moins le temps de lire. Merci d’être arrivé jusqu’à la fin 😉

 

Why them ? – Paris, 13 Novembre 2015 –

J’étais à un rassemblement aujourd’hui en solidarité pour les étudiants du Missouri, victimes d’actes racistes et de l’inactivité de bien trop de monde. Les étudiants de la Black Graduate Student Association et la Black Student Union, d’autres étudiants et alliés se sont réunis à Kogan plaza au coeur du campus de The George Washington University.
Une jeune fille m’a demandé quelle serait ma reaction/question si j’avais une arme pointée sur moi. J’ai répondu « Why me?« .

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Nous parlions alors des abus, violences et crimes policièrs dont beaucoup d’Afro Américains ont été les victimes. Je n’aurai jamais imaginé alors que plus de 100 personnes perdraient la vie quelques heures après à Paris, se demandant surement « Pourquoi Moi?« .

Il n’y aura jamais de réponses, ou tout du moins aucune réponse ne justifiera jamais que des vies aient été prise si violemment.

Ma famille, mes proches et mes amis ne font pas partis des victimes. Cependant mes pensées et mes prières vont vers ces familles, ces proches et ces amis qui ont perdu un être cher aujourd’hui. Mes pensées et mes prières vont aussi vers mon pays et chacun de mes compatriotes, car j’espère que ce ne sera pas le début d’un cycle de violence en France et que cela n’entrainera pas non plus paranoïa, suspicion et violence entre nous.

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From D.C. with love, bless you

Hollande: « Nous devons faire preuve d’unité et de sang froid face a la terreur, la France doit être forte, elle doit être grande »
Obama: « Those who think that they can terrorize the people of France or the values that they stand for are wrong. »

« La Crème de La Crème » ou Les Grandes Ecoles l’Envers du décor

Il devait s’agir d’un moment agréable, d’un petit moment au cinéma un dimanche après-midi… Mais peut-être regarde-t-on ce film avec un autre regards lorsque l’on est nous même dans une Grande Ecole.

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« La Crème de la Crème »

     Le film en lui même est sympathique et assez fréquemment marrant. Les personnages sont attachant de ce Jaffar toujours à côté de la plaque à l’innocent et perplexe Dan, en passant par le charmant et prétentieux Louis, sans oublier Kelly la blazée de la bande. Ce film où  humour et sexe se mêle avec microéconomie et le développement d’une théorie économique particulière qui me semblait assez plausible (Je ne suis pas une professionnelle en économie mais la théorie en elle-même vaut le coup de voir le film… Je ne spoile pas 😉 ) .

Mais…

    Hélas, quand on est dans une Grande Ecole à laquelle on a eu du mal à se conformer il est alors difficile de ne pas se mettre à réfléchir en sortant de la salle… Tout d’abord l’importance des soirées étudiantes: je n’en ai jamais été une fan car la musique techno et compagnie n’est pas du tout à mon goût. Mais si on en croit ce film j’aurais raté le meilleur lieu de socialisation des Grandes Ecoles. « Shit » devrais-je me dire, et pourtant je n’y arrive pas. Car Adopte un « ami-utile ».com n’est pas du tout mon mode de fonctionnement. Je n’ai pas été élevé dans un esprit de Networking mais de rencontre sans recherche d’intérêt au premier abords. Cependant il semblerait alors que je sois de ce petit groupe de personnes naïves qui pensent que loyauté et franchise (seules) sont des valeurs s^ure.

C’est à ce moment là que je me dit « Shit« . Si ce que me dis ce film sur les véritables raisons de ma présence dans cette école est vrai, j’ai donc perdu plusieurs années de ma vie. Car je n’étais pas à la recherche « d’amis-utiles », je ne me suis pas baladée avec mon « carnet d’adresse » et mes cartes de visite… Alors mon avenir est-il donc voué à l’échec? Etant donné que je n’aurais mon futur emploi qu’en fonction de ces fameuses « connaissances » et « connexions ». Alors on essaie de se rassurer et on se dit « mais je connais quand même quelques personnes… » ou « mais non j’ai appris quelque chose durant ces années et cela me servira plus tard ». Alors je lève les yeux de mon blog… Ma voisine réalise une formation Powerpoint, mon amie est sur sa boite mails et une autre amie est sur Facebook. (Exactement l’une des scènes du film d’ailleurs et choses courante dans chaque amphi, chaque conférences, …) En effet, actuellement nous n’écoutons rien, le prof et son accent approximatif sont seuls dans leur analyse du développement durable en Amazonie. Il est vrai qu’ici on étudie mais en même temps pas vraiment… On étudie pour un paper, un exposé, un exercice ou un examen mais étudions nous vraiment? En tout cas, je sais d’où vient cette « capacité d’analyse et de synthèse » dont on nous parle toujours comme notre marque de fabrique. Elle provient entre autre de la précipitation que nous mettons à faire nos assignments! (Au moins j’ai cela pour skills) Bon j’exagère surement un peu ce passage…

Anyway

     Vite, vite, … J’essaye de me rassurer… Je suis entrée dans cette école car j’ai un potentiel… Plus vite, réfléchi! Je suis aussi ici car j’aime les sujets que j’étudie… Plus vite… Je suis là car… Plus d’inspiration! Bon je sais que je suis là pour quelque chose c’est toujours ça (je verrais pourquoi dans deux ans…) et puis le nom d’une Grande Ecole ça fait toujours jolie sur un CV! Voilà c’est bon je suis rassurée (à moitié). On verra bien si un ami-utile ou la chance me souris un jour. Car après tout ce sont des moyens comme les autres pour atteindre nos objectifs

Whish List

  • En espérant ne pas devenir comme cette femme du cabinet de conseil qu’ils décrivaient dans le film: Puant l’anticerne, en pleine dépression et les pouces défoncés par son Blackberry.
  • J’espère que je ne ferais pas non plus partie de ces filles (cf. le film) qui comprennent que leur valeur, par manque de diplômes, ne tient qu’à des petits jobs qu’elles ne voudront surement pas faire toute leur vie car elle ne s’épanouisse pas et n’ont pas le choix. (Bon espérons que mon Master m’emmène à un métier qui m’épanouisse…  Espérons aussi qu’un Master en France ait toujours une valeur)
  • J’espère ne pas être une de ces jolies fille (cf. le film) dont la valeur ne tient qu’à leur corps (selon le propos principal du film – je m’inclue dans cette catégorie car je voulais me lancer deux trois fleurs esthétiquement parlant car on se rassure comme on peu, lol).

At the End of the day

     Enfin bref, je n’ai pas fini mes études et puis les films sont fait pour grossir les choses. Mais c’est vrais que ça m’a fait réfléchir à ces petits aspects des Grandes Ecoles auxquels j’ai du mal à adhérer, et dont ma pratique reste à améliorer. Mais je ne me plaindrais pas du nom de mon Ecole si cela peut m’aider et surtout je ne sais pas si j’ai des amis-utiles mais en tout cas j’ai eu l’occasion de rencontrer des personnes supers (et d’autres vraiment pas mais c’est l’histoire de la vie) et de me faire des ami(e)s géniaux ! Et puis, Grande Ecole ou pas on ne se mentira pas étant donné la situation en France quoi qu’il arrive on est quelque part tous dans la merde… Alors de « La Crème de la crème » je ne me rappellerais pour finir, que de ce langoureux baisé qui clôture le film et qui dure à peu près 5 minutes (Oui Mesdames, Messieurs ! Et au moins dans cette scène du film la fille n’était pas payé pour embrasser!)

J. outside of the Grandes Ecoles

(et accessoirement outside de mon cours actuellement…)