Ces petites rencontres… En Bosnie #3 – “Hi, You are beautiful”

Alors que nous marchions dans Sarajevo, un jeune homme qui vend de la nourriture au bord de la route me salua. J’ai donc répondu au bonjour avant de me replonger dans la conversation que j’avais avec deux personnes de mon programme. Quand l’un des Fellows, venant du Danemark, s’exclama « That is so offensive! ». La Fellow, venant de Bosnie, qui était en train de parler, s’arrêta perplexe sans comprendre (de même pour moi). Nous étions perdues. Il s’expliqua: ce jeune homme était « offensive » parce qu’il m’avait pas seulement dit bonjour, mais avait également ajouté « You are Beautiful ».

Je n’ai pas compris pourquoi il avait trouvé cela offensant, particulièrement parce qu’il est un homme. Je lui ai donc demandé ce soir là, pourquoi pensait-il ainsi. Il reprochait au jeune homme de s’être octroyé le droit d’avoir une opinion sur moi et de l’exprimer ainsi, sans considération pour moi. Cette action était selon lui directement agressive et offensante, une véritable intrusion.

Je ne souhaitais pas juste relater des faits, mais réfléchir à ce qu’il s’était passé… Et j’ai mis 3 soirs à coucher des mots sur mon clavier. Les choses sont ni noirs ni blanches, mais très complexes. Les mots à venir sont des pistes de réflexions et non pas d’inévitable réponses. 

Homme. J’ai tout d’abord été surprise. Venant d’un homme, je ne m’attendais pas à cette réaction, ces mots (comme premier avis). J’ai surement plus eu l’habitude de voir des hommes faire plus ou moins ce type de commentaires que d’en voir protester contre. Je ne dis pas que tous les hommes sont ainsi, juste que de mon vécu j’ai bien plus connus ce type d’interpellations, que de soutiens contre celles-ci. Est-ce une question d’éducation? De culture? Je ne peux bien sur rien affirmer. Mais après avoir parler avec mon ami, il m’a parlé du Danemark et de lui. Il se qualifie comme un féministe, et perçoit donc ce type de réaction comme une attaque et un manque de respect. Comment un homme peut se donner le droit d’interpeller une inconnue et lui dire ce qu’il pense d’elle, sans se soucier de ce que ça pourrait lui faire? (En gros) Il a également ajouté que cela ne se passe pas souvent au Danemark (en tout cas de son vécu).

Femme mais pas seulement. Vint mon tours d’expliquer ma réaction, car il m’avait trouvé très calme. Je lui ai alors expliqué qu’en venant ici, j’avais plus eu peur d’un rejet total du fait que la femme noire ne fait pas partie des principaux critères de beauté en général. Peut-être suis-je dramatique mais, je m’attendais à une forme de dégout ou d’indifférence. De ce fait, lorsque ce jeune homme m’a salué j’ai tout simplement répondu (politesse) mais je n’ai même pas fait attention/entendu ce qu’il a ajouté ensuite. Et lorsque mon camarade m’en a informé, je n’étais ni choquée ni (je ne sais pas).

Perception. En lui expliquant, que par rapport aux personnes m’ayant dit qu’il pensait que je souffrirai de beaucoup de racisme là-bas, je suis contente lorsque je vois que je n’ai pas ce genre d’attitude envers moi. Ce qui fait peut-être que « Hi, you are beautiful » ne m’a pas  parut être une attaque, car j’aurai pu être attaquée pour une autre raison… Mon ami à ce moment là réalisa – conscient que l’intersectionnalité existe – que dans mon cas j’avais aussi cette double identité (femme – noire) et que par conséquent je pouvais comme je pouvais ne pas être blessée par une forme « d’attaque » telle que celle-ci, sachant qu’une autre pouvait être pire.

« Qu’est-ce que tu vas f**tr* en Bosnie? »

Si le titre de cet article peu paraître vulgaire (ce ne sera pas le cas de son contenu), il s’agit d’une question qui m’a souvent été posé, plus ou moins en ces termes.

Je souhaitais participer à un programme « Humanity In Action » sur Paris pour mieux comprendre mon pays, sa diversité et les difficultés qu’il traverse en terme de droits humains (et tant d’autres problèmes sociaux). Il s’agit à la fois d’un programme d’études, de recherches et de discussion. Cependant, le programme parisien à été annulé et ils m’ont transféré vers le programme en Bosnie-Herzégovine.

Non, la Bosnie ne faisait pas partie de mon TOP10 des pays à visiter, mais…

Voilà ce n’était pas un choix en soi, mais j’ai tout de même choisi d’accepter et d’y aller. Ce qui est intéressant c’est qu’il s’agit de ma première fois en Europe de l’Est. Je ne connaissais de la Bosnie-Herzégovine que son histoire, et ce de manière superficielle et scolaire devrais-je dire. Il s’agissait donc d’une belle opportunité de découvrir un nouveau pays, sa culture, son histoire et les enjeux auquels il fait fasse.

« Mais ne sont-ils pas racistes ?! »

Well, voilà la seconde remarque qui m’a souvent été faite. Et à vrai dire j’ai fini par y croire, m’en convaincre et à appréhender ce petit choc culturel. Puis un ami un jour m’a dit « ce n’est pas forcément du racisme, ils vont surement plus être intéressé par ton côté « exotique » ».
Exotisme ou racisme, je serai amené à le savoir bien assez tôt de toutes les façons. Mais l’appréhension est je pense normal et en même temps un organisme tel que Humanity in Action ne m’aurait pas envoyé dans un pays si je courrais un danger. Donc, voilà ma petite mission sera de vérifier ce stéréotype et je l’espère, de le casser pour que mes petits Black Frenchies se rassurent.

Anyway… Je suis trop heureuse de repartir à la découverte! Aller en route !

« La Crème de La Crème » ou Les Grandes Ecoles l’Envers du décor

Il devait s’agir d’un moment agréable, d’un petit moment au cinéma un dimanche après-midi… Mais peut-être regarde-t-on ce film avec un autre regards lorsque l’on est nous même dans une Grande Ecole.

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« La Crème de la Crème »

     Le film en lui même est sympathique et assez fréquemment marrant. Les personnages sont attachant de ce Jaffar toujours à côté de la plaque à l’innocent et perplexe Dan, en passant par le charmant et prétentieux Louis, sans oublier Kelly la blazée de la bande. Ce film où  humour et sexe se mêle avec microéconomie et le développement d’une théorie économique particulière qui me semblait assez plausible (Je ne suis pas une professionnelle en économie mais la théorie en elle-même vaut le coup de voir le film… Je ne spoile pas 😉 ) .

Mais…

    Hélas, quand on est dans une Grande Ecole à laquelle on a eu du mal à se conformer il est alors difficile de ne pas se mettre à réfléchir en sortant de la salle… Tout d’abord l’importance des soirées étudiantes: je n’en ai jamais été une fan car la musique techno et compagnie n’est pas du tout à mon goût. Mais si on en croit ce film j’aurais raté le meilleur lieu de socialisation des Grandes Ecoles. « Shit » devrais-je me dire, et pourtant je n’y arrive pas. Car Adopte un « ami-utile ».com n’est pas du tout mon mode de fonctionnement. Je n’ai pas été élevé dans un esprit de Networking mais de rencontre sans recherche d’intérêt au premier abords. Cependant il semblerait alors que je sois de ce petit groupe de personnes naïves qui pensent que loyauté et franchise (seules) sont des valeurs s^ure.

C’est à ce moment là que je me dit « Shit« . Si ce que me dis ce film sur les véritables raisons de ma présence dans cette école est vrai, j’ai donc perdu plusieurs années de ma vie. Car je n’étais pas à la recherche « d’amis-utiles », je ne me suis pas baladée avec mon « carnet d’adresse » et mes cartes de visite… Alors mon avenir est-il donc voué à l’échec? Etant donné que je n’aurais mon futur emploi qu’en fonction de ces fameuses « connaissances » et « connexions ». Alors on essaie de se rassurer et on se dit « mais je connais quand même quelques personnes… » ou « mais non j’ai appris quelque chose durant ces années et cela me servira plus tard ». Alors je lève les yeux de mon blog… Ma voisine réalise une formation Powerpoint, mon amie est sur sa boite mails et une autre amie est sur Facebook. (Exactement l’une des scènes du film d’ailleurs et choses courante dans chaque amphi, chaque conférences, …) En effet, actuellement nous n’écoutons rien, le prof et son accent approximatif sont seuls dans leur analyse du développement durable en Amazonie. Il est vrai qu’ici on étudie mais en même temps pas vraiment… On étudie pour un paper, un exposé, un exercice ou un examen mais étudions nous vraiment? En tout cas, je sais d’où vient cette « capacité d’analyse et de synthèse » dont on nous parle toujours comme notre marque de fabrique. Elle provient entre autre de la précipitation que nous mettons à faire nos assignments! (Au moins j’ai cela pour skills) Bon j’exagère surement un peu ce passage…

Anyway

     Vite, vite, … J’essaye de me rassurer… Je suis entrée dans cette école car j’ai un potentiel… Plus vite, réfléchi! Je suis aussi ici car j’aime les sujets que j’étudie… Plus vite… Je suis là car… Plus d’inspiration! Bon je sais que je suis là pour quelque chose c’est toujours ça (je verrais pourquoi dans deux ans…) et puis le nom d’une Grande Ecole ça fait toujours jolie sur un CV! Voilà c’est bon je suis rassurée (à moitié). On verra bien si un ami-utile ou la chance me souris un jour. Car après tout ce sont des moyens comme les autres pour atteindre nos objectifs

Whish List

  • En espérant ne pas devenir comme cette femme du cabinet de conseil qu’ils décrivaient dans le film: Puant l’anticerne, en pleine dépression et les pouces défoncés par son Blackberry.
  • J’espère que je ne ferais pas non plus partie de ces filles (cf. le film) qui comprennent que leur valeur, par manque de diplômes, ne tient qu’à des petits jobs qu’elles ne voudront surement pas faire toute leur vie car elle ne s’épanouisse pas et n’ont pas le choix. (Bon espérons que mon Master m’emmène à un métier qui m’épanouisse…  Espérons aussi qu’un Master en France ait toujours une valeur)
  • J’espère ne pas être une de ces jolies fille (cf. le film) dont la valeur ne tient qu’à leur corps (selon le propos principal du film – je m’inclue dans cette catégorie car je voulais me lancer deux trois fleurs esthétiquement parlant car on se rassure comme on peu, lol).

At the End of the day

     Enfin bref, je n’ai pas fini mes études et puis les films sont fait pour grossir les choses. Mais c’est vrais que ça m’a fait réfléchir à ces petits aspects des Grandes Ecoles auxquels j’ai du mal à adhérer, et dont ma pratique reste à améliorer. Mais je ne me plaindrais pas du nom de mon Ecole si cela peut m’aider et surtout je ne sais pas si j’ai des amis-utiles mais en tout cas j’ai eu l’occasion de rencontrer des personnes supers (et d’autres vraiment pas mais c’est l’histoire de la vie) et de me faire des ami(e)s géniaux ! Et puis, Grande Ecole ou pas on ne se mentira pas étant donné la situation en France quoi qu’il arrive on est quelque part tous dans la merde… Alors de « La Crème de la crème » je ne me rappellerais pour finir, que de ce langoureux baisé qui clôture le film et qui dure à peu près 5 minutes (Oui Mesdames, Messieurs ! Et au moins dans cette scène du film la fille n’était pas payé pour embrasser!)

J. outside of the Grandes Ecoles

(et accessoirement outside de mon cours actuellement…)