Quand la conscience de soi devient trop forte… 

Tout commença de manière banale… Ma belle cousine nous a annoncé qu’elle organise son anniversaire, avec pour thématique: le cinéma. Je me suis dis trop cool! (🤗🎉) Avec ma tante nous pensions à « dreamgirls », mais ma cousine souhaitait s’accorder avec son copain. Alors du trio, je suis passée à une recherche en solitaire.

Mardi 5 Juillet

Je pensais avoir le temps, puis je suis partie à l’étranger un mois et me revoilà… Sans costume! Je pourrai facilement en trouver. C’est juste trouver le costume d’un personnage présent dans un film après tout. (Comme Halloween sans le côté effrayant) Je pourrai être  Pocahantas, j’ai un costume d’indienne datant d’un spectacle de danse. (Au-delà du détail pratique, je souhaitais aussi un peu de glamour) J’ai donc trouvé un costume de Marylin Monroe… Mais non! Pour cet anniversaire je souhaitais vraiment m’habiller en un personnage auquel je pourrai réellement m’identifier

En gros… Pour cet anniversaire je veux m’habiller en un personnage qui me ressemble et dont l’histoire est glamour, féerique ou celle d’une princesse ( Tiana ne compte pas elle était une grenouille plus de la moitié du dessin animé – et puis en vrai vous ne vous rappeliez même pas de son nom – enfin bref), trouver le personnage (puis le costume) devient alors bien plus compliqué! Hollywood et compagnie comment pouvez vous m’aider à trouver un personnage qui me ressemble avec ces caractéristiques ?! Vous ne le pouvez que trop  peu! 

Je ne dis pas qu’il n’y a pas de femmes noires dans les films, juste que pour le type de personnage que l’on souhaite incarné le temps d’une soirée d’anniversaire et dont la thématique est le cinéma il y en a moins… (en tout cas pour ce que je souhaite incarnée samedi « glamour, féerique ou princière »)

Me voilà donc à trois jours de cet anniversaire, en train de me dire que les seuls personnages auxquels je pense sont dans des séries TV, des seconds/troisièmes rôle (ou pire) avec des histoires assez banales, stéréotypées ou tragiques, ou encore dans des dessins animés (oui j’ai pensé à m’habiller comme la Muse dans Hercule). Ce poste semblera futile pour beaucoup, et bon nombre d’entre vous ne verrons pas le problème, cependant je pense qu’un petit nombre de personnes saisira ma réflexion.

PS: au final je prendrais sûrement la seconde option proposée pour cet événement : s’habiller en tenue de soirée.

Lundi 11 Juillet

Samedi dernier a donc eu lieu cet anniversaire… And guess What ?! Je n’ai pas trouvé de déguisement (à proprement parlé) et je ne voulais pas être en simple robe de soirée. J’ai donc créé mon propre personnage. (je crois) Une « princesse » Yoruba ou peut-être une prêtresse afro descendante de la Nouvelle Orléans de l’époque, ou encore peut-être tout simplement une jeune fille à la recherche de rêve et de magie, de beauté et de glamour émanant d’un personnage qui lui ressemble tout simplement.

Mardi 12 Juillet- 

Je suis contente de ne pas avoir encore publié l’article pour ajouter une petite histoire. Une petite fille métisse de 6 ans est venue à la boutique cet après-midi. Et elle a regardé l’une des photos présentes dans la boutique puis s’est exclamée:

Maman, regarde la fille elle me ressemble! Elle me ressemble maman, elle a les mêmes cheveux que moi!

Voilà, à tout âge se pose la question de l’identification et sous plusieurs formes. La petite fille était si heureuse de voir qu’il y a d’autres jolies filles avec ces cheveux dans une boutique. Et elle était si exitée à l’idée d’avoir ses produits. Si l’on voyait plus souvent ce type d’image pour faire sourire les petites filles, les adolescentes et les adultes. Juste pour nous rappeler qu’il n’y a rien de mauvais ou moche, que si l’on est différente de ce que l’on voit le plus souvent on en est pas moins jolies.

Robe de la marque Rahre par Wendy A.  -et- Foulard par Indira de Paris

Robe de la marque Rahre par Wendy A. -et- Foulard par Indira de Paris

Ces petites rencontres… En Bosnie #2 – « Brown girl »

Mon premier lundi à Sarajevo, nous sommes allés le soir au Kino Bosna, un cinéma datant de l’époque de la Yougoslavie et qui est à présent reconverti en bar. Cet endroit est très apprécié, les habitants de Sarajevo s’y retrouvent pour boire, discuter et écouter des musiciens traditionnels qui passent de table en table. En arrivant l’atmosphère est un peu oppressante car je ne suis pas habituée aux espaces clos où il est possible de fumer, mais il respire en même temps la joie de vivre!

Nous nous asseyons avec nos amis. Une ou deux heures plus tard, un homme vient s’accroupir près de ma chaise. Après m’avoir salué il me dit: « I have ask the lady that owns the place if she could introduce me to the brown girl, but she said she can introduce me to a Greek girl » je pouvais voir la vieille dame intriguée pas trop loin. C’était marrant. Et puis il continuait à me dire qu’il avait vraiment insister pour parler à la « Brown girl » et a fini par venir me parler.
Le choix de mot est intéressant et je ne saurai l’expliquer. Mais il ne m’a pas qualifié de « Black » – dénomination bien plus courante – et du coup j’y ai trouvé quelque chose de moins « racialisant », plutôt tourné vers une caractéristique esthétique-physique.  Je ne saurais dire s’il a consciemment choisi ses mots mais cela m’a marqué. Qu’en pensez-vous ?

Puis il me demanda d’où je venais. Dire que je viens de France fait souvent sourciller en premier lieu, puis il me demanda si je venais d’Afrique, si j’étais « a Nubian » (référence je pense à l’image de la « Princesse Nubienne »). Lorsque j’ai mentionné la Guadeloupe, à ma grande surprise il s’excusa plusieurs fois pour son ignorance. Cela ne m’avait pas offensé et je ne souhaitais pas que s’installe une relation de domination. Il ne me dominerait pas en tant qu’homme et je ne le dominerai pas par mes « connaissances ». On a ensuite échangé sur Paris, qui a son sens était une ville ennuyeuse. Avant de repartir, il m’a demandé s’il pourrait revenir me parler car il avait de nombreuses questions à me poser. Cette curiosité ne me dérangeant pas parce que je ne l’ai pas perçu comme négative, je lui ai répondu qu’il n’y aurai pas de problèmes et que je répondrai à ce qui me conviendra. Mais nous ne nous sommes pas reparlé ce soir là…

Mise à jour, 5 Juin:
Mes amis et moi sommes par la suite aller à une autre soirée ce soir là. Je ne pensais pas le rencontré à nouveau, mais hier soir j’ai réalisé au combien Sarajevo était petit en le rencontrant à la Mucha Lucha (4 Juin). Fun fact: il m’a appelé « Guadeloupe ». Nous n’avons pas eu le temps de parler car, j’ai fais une nouvelle rencontre très marrante ce soir là.

« La Crème de La Crème » ou Les Grandes Ecoles l’Envers du décor

Il devait s’agir d’un moment agréable, d’un petit moment au cinéma un dimanche après-midi… Mais peut-être regarde-t-on ce film avec un autre regards lorsque l’on est nous même dans une Grande Ecole.

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« La Crème de la Crème »

     Le film en lui même est sympathique et assez fréquemment marrant. Les personnages sont attachant de ce Jaffar toujours à côté de la plaque à l’innocent et perplexe Dan, en passant par le charmant et prétentieux Louis, sans oublier Kelly la blazée de la bande. Ce film où  humour et sexe se mêle avec microéconomie et le développement d’une théorie économique particulière qui me semblait assez plausible (Je ne suis pas une professionnelle en économie mais la théorie en elle-même vaut le coup de voir le film… Je ne spoile pas 😉 ) .

Mais…

    Hélas, quand on est dans une Grande Ecole à laquelle on a eu du mal à se conformer il est alors difficile de ne pas se mettre à réfléchir en sortant de la salle… Tout d’abord l’importance des soirées étudiantes: je n’en ai jamais été une fan car la musique techno et compagnie n’est pas du tout à mon goût. Mais si on en croit ce film j’aurais raté le meilleur lieu de socialisation des Grandes Ecoles. « Shit » devrais-je me dire, et pourtant je n’y arrive pas. Car Adopte un « ami-utile ».com n’est pas du tout mon mode de fonctionnement. Je n’ai pas été élevé dans un esprit de Networking mais de rencontre sans recherche d’intérêt au premier abords. Cependant il semblerait alors que je sois de ce petit groupe de personnes naïves qui pensent que loyauté et franchise (seules) sont des valeurs s^ure.

C’est à ce moment là que je me dit « Shit« . Si ce que me dis ce film sur les véritables raisons de ma présence dans cette école est vrai, j’ai donc perdu plusieurs années de ma vie. Car je n’étais pas à la recherche « d’amis-utiles », je ne me suis pas baladée avec mon « carnet d’adresse » et mes cartes de visite… Alors mon avenir est-il donc voué à l’échec? Etant donné que je n’aurais mon futur emploi qu’en fonction de ces fameuses « connaissances » et « connexions ». Alors on essaie de se rassurer et on se dit « mais je connais quand même quelques personnes… » ou « mais non j’ai appris quelque chose durant ces années et cela me servira plus tard ». Alors je lève les yeux de mon blog… Ma voisine réalise une formation Powerpoint, mon amie est sur sa boite mails et une autre amie est sur Facebook. (Exactement l’une des scènes du film d’ailleurs et choses courante dans chaque amphi, chaque conférences, …) En effet, actuellement nous n’écoutons rien, le prof et son accent approximatif sont seuls dans leur analyse du développement durable en Amazonie. Il est vrai qu’ici on étudie mais en même temps pas vraiment… On étudie pour un paper, un exposé, un exercice ou un examen mais étudions nous vraiment? En tout cas, je sais d’où vient cette « capacité d’analyse et de synthèse » dont on nous parle toujours comme notre marque de fabrique. Elle provient entre autre de la précipitation que nous mettons à faire nos assignments! (Au moins j’ai cela pour skills) Bon j’exagère surement un peu ce passage…

Anyway

     Vite, vite, … J’essaye de me rassurer… Je suis entrée dans cette école car j’ai un potentiel… Plus vite, réfléchi! Je suis aussi ici car j’aime les sujets que j’étudie… Plus vite… Je suis là car… Plus d’inspiration! Bon je sais que je suis là pour quelque chose c’est toujours ça (je verrais pourquoi dans deux ans…) et puis le nom d’une Grande Ecole ça fait toujours jolie sur un CV! Voilà c’est bon je suis rassurée (à moitié). On verra bien si un ami-utile ou la chance me souris un jour. Car après tout ce sont des moyens comme les autres pour atteindre nos objectifs

Whish List

  • En espérant ne pas devenir comme cette femme du cabinet de conseil qu’ils décrivaient dans le film: Puant l’anticerne, en pleine dépression et les pouces défoncés par son Blackberry.
  • J’espère que je ne ferais pas non plus partie de ces filles (cf. le film) qui comprennent que leur valeur, par manque de diplômes, ne tient qu’à des petits jobs qu’elles ne voudront surement pas faire toute leur vie car elle ne s’épanouisse pas et n’ont pas le choix. (Bon espérons que mon Master m’emmène à un métier qui m’épanouisse…  Espérons aussi qu’un Master en France ait toujours une valeur)
  • J’espère ne pas être une de ces jolies fille (cf. le film) dont la valeur ne tient qu’à leur corps (selon le propos principal du film – je m’inclue dans cette catégorie car je voulais me lancer deux trois fleurs esthétiquement parlant car on se rassure comme on peu, lol).

At the End of the day

     Enfin bref, je n’ai pas fini mes études et puis les films sont fait pour grossir les choses. Mais c’est vrais que ça m’a fait réfléchir à ces petits aspects des Grandes Ecoles auxquels j’ai du mal à adhérer, et dont ma pratique reste à améliorer. Mais je ne me plaindrais pas du nom de mon Ecole si cela peut m’aider et surtout je ne sais pas si j’ai des amis-utiles mais en tout cas j’ai eu l’occasion de rencontrer des personnes supers (et d’autres vraiment pas mais c’est l’histoire de la vie) et de me faire des ami(e)s géniaux ! Et puis, Grande Ecole ou pas on ne se mentira pas étant donné la situation en France quoi qu’il arrive on est quelque part tous dans la merde… Alors de « La Crème de la crème » je ne me rappellerais pour finir, que de ce langoureux baisé qui clôture le film et qui dure à peu près 5 minutes (Oui Mesdames, Messieurs ! Et au moins dans cette scène du film la fille n’était pas payé pour embrasser!)

J. outside of the Grandes Ecoles

(et accessoirement outside de mon cours actuellement…)