L’histoire de l’ultime stage #2

Parlons racisme en entreprise ? Oula, je vois déjà les personnes mal à l’aise, celles qui regardent ailleurs, celles qui transpirent ou s’agitent sur leur siège, mais je sens aussi celles qui pensent qu’une personne racisé-e rapporte toujours tout à cela ou encore les fakes Color blinds qui en fait ferment juste les yeux…

Synopsis: C’est l’histoire d’une gentille collègue, avec un visage d’ange et du caractère, un style classique et soignée, et pour qui apparemment les « blagues racistes » sont tordantes…

La Blague raciste S01E01

Après quelques jours sur mon nouveau stage…  (Dialogue)

  • « Quelqu’un aurait un chargeur? (La Doyenne)
  • « J’en ai un si tu veux » (L’Autre Stagiaire)
  • « Merci Stagiaire Too » (La Doyenne)
  • « Oh mais il est rose, tu l’as acheté où? » (La Gentille Collègue)
  • « Je l’ai rapporté de Chine » (L’Autre Stagiaire)
  • « Alala ces Chinois… » (La Gentille Collègue) « Mince, je ne pourrai plus faire de blagues racistes… » *Petits rires*
  • *Silence*

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Quel dommage d’avoir perturbé ces bonnes petites habitudes! Morale de l’histoire: Règle #1 pour gérer la « diversité » en équipe, ne plus faire de blague raciste et signifier bien fort que cela ne sera plus possible dorénavant (après tout il y a une petite black dans l’équipe).

 La Blague raciste S01E02

(Ahah, oui il y a eu un second épisode sinon ça ne serait pas marrant!)

Heure du déjeuner, ascenseur bondé, parmi toutes ces personnes:  La Gentille Collègue, Ma Responsable, Posh* et L’Autre Stagiaire. Bien qu’à côté d’elles, les trois premières font des messes basses autour de La Gentille Collègue et éclatent de petits rires « discrets ». L’Autre Stagiaire se met à rigoler doucement elle aussi, ce à quoi La Gentille Collègue répond:

  • « Ahahah Stagiaire Too, tu rigoles toujours à mes petites blagues racistes »

I was like, « really, again?! » :
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C’est de l’humour après tout…

On a surement tous utilisé un stereotype pour faire de l’humour (bien que ce ne soit pas quelque chose d’excusable). Ce type d’humour est souvent réalisé au sein d’un groupe d’individus ayant les mêmes codes ou le même background. La « blague » est alors comprise par le groupe, offensant les individus visés mais absents, ou parfois acceptées par ces personnes car cette « vanne » répond à des codes admises par le groupe. Bref…

Cependant dans ma situation:

  • Faire de mon arrivée la raison pour laquelle tu ne peux plus faire de « blagues racistes » n’est pas respectueux ou ou un geste sympathique, c’est pathétique (et offensant).
  • Faire des « blagues (racistes) » de manière à ce que je ne les entende pas pour préciser qu’elles étaient racistes ensuite, n’est ni discret ni respectueux c’est juste ridicule (et toujours offensant).
  • T’exclamer que tu fais des « blagues racistes » ce n’est pas cool ! (Tristement je dois le préciser)
  • Mettre « blagues » devant « racistes » ne retire pas le fait que le discours tenu soit « raciste ».
  • FYI, une « blague raciste » n’est que l’expression d’un racisme ordinaire et décomplexé.

Sur ce, j’aurai du me douter de cela lorsqu’à mon arrivée Posh m’a dit que j’étais la seconde « caution exotique » du pôle international (la première étant notre jolie collègue blonde Franco-Néo-Zélandaise).

Bref, 0/0 pour la compétence « savoir travailler dans un milieu multiculturel« .

*Posh désigne une personne très classe ou sophistiquée.

L’histoire de l’ultime stage #1

11:00 – J’ai décidé d’utiliser mon temps libre pour écrire sur mon stage… Mais ne vous méprenez pas, mon temps libre se situe exactement pendant mon temps de stage et il ne s’agira pas d’une fiche type ONISEP. Juste un article sur le joyeux quotidien de mon dernier stage…

Comment suis-je arriver là ? 

J’ai simplement souhaité faire un stage de fin d’étude de 6 mois, qui pour des raisons administratives ne m’était autorisé que si j’étais inscrite dans un établissement. Ayant eu à m’inscrire et payé des frais de scolarité pour une année, j’ai alors pensé en profiter pour faire 2 stages de 6 mois! (Une belle occasion quand tu as chopée 3 stages). Cette idée qui me semblait « brillantissime » est en train de virer au « cauchemar ».

Un mois en agence: avant…

J’ai réussi à obtenir ce stage l’été dernier comme les deux autres. Mais suite à de nombreuses aventures mails et téléphoniques mon stage a débuté en Mars juste à la suite du premier.

J’avais vraiment hâte d’effectuer ce stage, les plus : être dans une (grande) agence de communication, bosser sur des sujets divers et variés, développer une expertise en stratégie et communication, et enfin voyager ! Oui à l’entretien on m’a dit que même comme stagiaire je pourrai être amenée à voyager, bosser sur divers dossiers plus ou moins gros et découvrir le métier du conseil en communication (stratégie et communication included). J’étais tellement impatiente! Mais on m’avait aussi prévenu durant l’entretien: charge de travail importante, travailler tard ou les samedis… Mes amis aussi m’ont prévenu: boite super exigeante, horaires terribles, … Bref, j’étais prête à être une no life si je pouvais monter en compétence !

…Et après

Au début c’était super, du boulot dès le premier jour sur un sujet que je ne connaissais pas! Top! Deux jours après je le cumule avec un autre dossier, sur un pays que je ne connaissais pas! Super! Puis la semaine suivante une région que je connais et un sujet super intéressant! Mais avec du recul je me rends compte: que mes rendus n’ont pas de feedback car le dossier n’est plus prioritaire (fine) ou tout simplement car il a été utilisé comme base pour monter un dossier dont tu n’as vent qu’une fois que la présentation au client a été faite (en soit me montrer le rendu final sans le processus de reflexion…bof). Du coup un peu de frustration, tu n’as pas les briefs en amont, on te demande des recherches sur un sujet sans le contextualiser et au final pas de stratégie/communication, et pas vraiment de feedback pour une progression.

Du coup, voilà 18 jours ouvrés (3 semaines et demi) que je suis devenue « collaboratrice de consultante » et c’est officiellement le 5e jour où je n’ai rien à faire (autre qu’écrire ces pages). Au pire j’ai fini un powerpoint jeudi matin (pour la forme) et fait un document de 6 pages lundi matin, tadaam. Les 4 derniers jours de travail de ma vie. L’autre jour je me suis permise d’aller à une après-midi de conférence car je n’avais rien de mieux à faire (True la conférence était top, et en revenant à 19h je n’avais toujours pas de boulot) et ce matin j’ai commencé 1h30 plus tard car je devais passer à mon école et malgré ça toujours pas de boulot ! Ne vous méprenez pas, je ne suis pas capricieuse, je souhaite juste bosser et je comprend que parfois en agence il y ait des moments avec une charge de travail moindre. Mais si toute l’équipe est busy et que la stagiaire ne l’ai pas: il y a un souci. Donc j’ai décidé d’écrire…

« Tu as du temps libre et tu es payé » me direz-vous…

Personne (ou peu de monde) n’aime se lever, aller dans un bureau et ne rien y faire de 9h30 à 18h30/19h (oui car je suis supposée finir à 18h, mais que le politiquement correct est de partir entre 18h30 et 19h00).

Personne n’aime ne pas travailler pour moins de 600€ (grand groupe, troupeau de stagiaire et petite indemnisation – chose pas toujours vrai car le grand groupe ou j’étais stagiaire avant me payait le double).

Personne n’aime ne pas travailler quand l’objectif était réellement d’apprendre.

Personne n’aime ne pas travailler ou avoir de feedback quand ton dernier stage est celui qui va sceller le CV qui te permettra d’avoir un emploi.

Miracle, il est 12h j’ai enfin du boulot… Une petite recherche. Vous m’avez porté chance… Mais je n’en reste pas là, je compte bien développé un peu sur mon ultime stage et pourquoi pas l’univers des stages en général…

PS: après tout je viens d’entendre que la réponse à « quel profil vous privilégiez pour votre prochain stagiaire? » a été répondu « fils d’ambassadeur »… To be continued, je dois bosser ! (lol)

Quand la conscience de soi devient trop forte… 

Tout commença de manière banale… Ma belle cousine nous a annoncé qu’elle organise son anniversaire, avec pour thématique: le cinéma. Je me suis dis trop cool! (🤗🎉) Avec ma tante nous pensions à « dreamgirls », mais ma cousine souhaitait s’accorder avec son copain. Alors du trio, je suis passée à une recherche en solitaire.

Mardi 5 Juillet

Je pensais avoir le temps, puis je suis partie à l’étranger un mois et me revoilà… Sans costume! Je pourrai facilement en trouver. C’est juste trouver le costume d’un personnage présent dans un film après tout. (Comme Halloween sans le côté effrayant) Je pourrai être  Pocahantas, j’ai un costume d’indienne datant d’un spectacle de danse. (Au-delà du détail pratique, je souhaitais aussi un peu de glamour) J’ai donc trouvé un costume de Marylin Monroe… Mais non! Pour cet anniversaire je souhaitais vraiment m’habiller en un personnage auquel je pourrai réellement m’identifier

En gros… Pour cet anniversaire je veux m’habiller en un personnage qui me ressemble et dont l’histoire est glamour, féerique ou celle d’une princesse ( Tiana ne compte pas elle était une grenouille plus de la moitié du dessin animé – et puis en vrai vous ne vous rappeliez même pas de son nom – enfin bref), trouver le personnage (puis le costume) devient alors bien plus compliqué! Hollywood et compagnie comment pouvez vous m’aider à trouver un personnage qui me ressemble avec ces caractéristiques ?! Vous ne le pouvez que trop  peu! 

Je ne dis pas qu’il n’y a pas de femmes noires dans les films, juste que pour le type de personnage que l’on souhaite incarné le temps d’une soirée d’anniversaire et dont la thématique est le cinéma il y en a moins… (en tout cas pour ce que je souhaite incarnée samedi « glamour, féerique ou princière »)

Me voilà donc à trois jours de cet anniversaire, en train de me dire que les seuls personnages auxquels je pense sont dans des séries TV, des seconds/troisièmes rôle (ou pire) avec des histoires assez banales, stéréotypées ou tragiques, ou encore dans des dessins animés (oui j’ai pensé à m’habiller comme la Muse dans Hercule). Ce poste semblera futile pour beaucoup, et bon nombre d’entre vous ne verrons pas le problème, cependant je pense qu’un petit nombre de personnes saisira ma réflexion.

PS: au final je prendrais sûrement la seconde option proposée pour cet événement : s’habiller en tenue de soirée.

Lundi 11 Juillet

Samedi dernier a donc eu lieu cet anniversaire… And guess What ?! Je n’ai pas trouvé de déguisement (à proprement parlé) et je ne voulais pas être en simple robe de soirée. J’ai donc créé mon propre personnage. (je crois) Une « princesse » Yoruba ou peut-être une prêtresse afro descendante de la Nouvelle Orléans de l’époque, ou encore peut-être tout simplement une jeune fille à la recherche de rêve et de magie, de beauté et de glamour émanant d’un personnage qui lui ressemble tout simplement.

Mardi 12 Juillet- 

Je suis contente de ne pas avoir encore publié l’article pour ajouter une petite histoire. Une petite fille métisse de 6 ans est venue à la boutique cet après-midi. Et elle a regardé l’une des photos présentes dans la boutique puis s’est exclamée:

Maman, regarde la fille elle me ressemble! Elle me ressemble maman, elle a les mêmes cheveux que moi!

Voilà, à tout âge se pose la question de l’identification et sous plusieurs formes. La petite fille était si heureuse de voir qu’il y a d’autres jolies filles avec ces cheveux dans une boutique. Et elle était si exitée à l’idée d’avoir ses produits. Si l’on voyait plus souvent ce type d’image pour faire sourire les petites filles, les adolescentes et les adultes. Juste pour nous rappeler qu’il n’y a rien de mauvais ou moche, que si l’on est différente de ce que l’on voit le plus souvent on en est pas moins jolies.

Robe de la marque Rahre par Wendy A.  -et- Foulard par Indira de Paris

Robe de la marque Rahre par Wendy A. -et- Foulard par Indira de Paris

Fondamentalement différente 

Avec cet article je ne généralise pas, mais relate une expérience. Se sont les mots que j’ai écris le jour même (4 juin) et que je vous livre tel qu’ils étaient sans modifications.

Après être sorti de Sevdah Art House, j’ai commencé à écrire là où nous sommes aller déjeuner

Ça devait arriver… En sortant de ce superbe café, kuća Sevdaha, au détour d’une terrasse nous sommes passer devant une table avec 5 enfants et 1 jeune femme.
J’ai senti leur regards et je me suis sentie tout de suite inconfortable, j’ai tourné le regard, et c’est en voyant le visage de mes amies que j’ai compris. En les regardant à nouveau, j’ai compris que c’était ce que je pensais, ils ricanaient en me regardant.

Devrais-je dire qu’on m’avait prévenu ? Devrais-je dire que je m’y attendais et que c’est OK? Je dois avoué que c’est tout de même douloureux, d’être observée et moquée à cause de sa couleur de peau. Il y a un mélange de malaise

Je n’ai pas fini cette partie car nous avons dû sortir du restaurant, pour aller à notre « lecture » (session) suivanteA la sortie du restaurant, je me suis retrouvée face à un groupe d’enfants, qui regardaient dans ma direction d’un regard perçant. Ne voulant pas être paranoïaque je suis allée me mettre plus loin dernière deux Amies-Fellows. Hélas même cela n’a rien changé… Ils m’observaient, leur regards intenses et un mélange de tant de choses. Une vingtaine d’yeux. Incompréhension. Anormalité. Étrange. Bizarre. Berk. Étonnant Spectacle. Pourquoi. Méchanceté. 

Durant la Session j’ai donc écris des brides de pensées …

L’enfance. J’ai toujours pensé que j’étais prête à répondre au racisme, avec sagesse ou colère. Répondre à l’ignorance des uns et m’énerver face à la haine des autres. Finalement je me suis retrouvée désarmer par des enfants ! Les mesquineries des uns et les regards perçants des autres ont eu raison de moi. Deux incidents en une journée, le sentiment d’être observée comme quelque chose d’anormale, ou d’étrange, un racisme inscrit au plus profond de leur ignorance ou de leur innocence. Je ne sais pas… Cela m’a désarmé, m’a blessé.

Victime de racisme – du racisme. Je ne me vois pas déclarer avoir été victime de racisme car il y a des cas tellement plus grave ! Mais je pense avoir été victime du racisme, de son héritage et de ceux qui le nourrisse de haine ou d’ignorance.

Honte? Avec du recul il est également intéressant d’analyser le sentiment de honte. J’avais honte que l’on me voit si vulnérable, tout d’abords. Honte d’avoir le sentiment d’avoir vécu quelque chose d’horrible. Être regardé en victime est aussi difficile. Honte que ces enfants aient eu raison de moi. Et enfin honte, d’avoir été, sur trois personnes de couleur, celle qui a été ciblée ou celle qui à craqué. Là tout de suite j’ai le rire d’une participante au Fellowship en tête. Je ne sais toujours pas si elle rigolait de la situation comme si j’étais une personne qui aurait dû vivre ce genre de choses plus tôt  ou si elle rigolait du fait que l’on essayait de me faire me sentir mieux malgré mes yeux rouges…

Ces petites rencontres… En Bosnie #3 – “Hi, You are beautiful”

Alors que nous marchions dans Sarajevo, un jeune homme qui vend de la nourriture au bord de la route me salua. J’ai donc répondu au bonjour avant de me replonger dans la conversation que j’avais avec deux personnes de mon programme. Quand l’un des Fellows, venant du Danemark, s’exclama « That is so offensive! ». La Fellow, venant de Bosnie, qui était en train de parler, s’arrêta perplexe sans comprendre (de même pour moi). Nous étions perdues. Il s’expliqua: ce jeune homme était « offensive » parce qu’il m’avait pas seulement dit bonjour, mais avait également ajouté « You are Beautiful ».

Je n’ai pas compris pourquoi il avait trouvé cela offensant, particulièrement parce qu’il est un homme. Je lui ai donc demandé ce soir là, pourquoi pensait-il ainsi. Il reprochait au jeune homme de s’être octroyé le droit d’avoir une opinion sur moi et de l’exprimer ainsi, sans considération pour moi. Cette action était selon lui directement agressive et offensante, une véritable intrusion.

Je ne souhaitais pas juste relater des faits, mais réfléchir à ce qu’il s’était passé… Et j’ai mis 3 soirs à coucher des mots sur mon clavier. Les choses sont ni noirs ni blanches, mais très complexes. Les mots à venir sont des pistes de réflexions et non pas d’inévitable réponses. 

Homme. J’ai tout d’abord été surprise. Venant d’un homme, je ne m’attendais pas à cette réaction, ces mots (comme premier avis). J’ai surement plus eu l’habitude de voir des hommes faire plus ou moins ce type de commentaires que d’en voir protester contre. Je ne dis pas que tous les hommes sont ainsi, juste que de mon vécu j’ai bien plus connus ce type d’interpellations, que de soutiens contre celles-ci. Est-ce une question d’éducation? De culture? Je ne peux bien sur rien affirmer. Mais après avoir parler avec mon ami, il m’a parlé du Danemark et de lui. Il se qualifie comme un féministe, et perçoit donc ce type de réaction comme une attaque et un manque de respect. Comment un homme peut se donner le droit d’interpeller une inconnue et lui dire ce qu’il pense d’elle, sans se soucier de ce que ça pourrait lui faire? (En gros) Il a également ajouté que cela ne se passe pas souvent au Danemark (en tout cas de son vécu).

Femme mais pas seulement. Vint mon tours d’expliquer ma réaction, car il m’avait trouvé très calme. Je lui ai alors expliqué qu’en venant ici, j’avais plus eu peur d’un rejet total du fait que la femme noire ne fait pas partie des principaux critères de beauté en général. Peut-être suis-je dramatique mais, je m’attendais à une forme de dégout ou d’indifférence. De ce fait, lorsque ce jeune homme m’a salué j’ai tout simplement répondu (politesse) mais je n’ai même pas fait attention/entendu ce qu’il a ajouté ensuite. Et lorsque mon camarade m’en a informé, je n’étais ni choquée ni (je ne sais pas).

Perception. En lui expliquant, que par rapport aux personnes m’ayant dit qu’il pensait que je souffrirai de beaucoup de racisme là-bas, je suis contente lorsque je vois que je n’ai pas ce genre d’attitude envers moi. Ce qui fait peut-être que « Hi, you are beautiful » ne m’a pas  parut être une attaque, car j’aurai pu être attaquée pour une autre raison… Mon ami à ce moment là réalisa – conscient que l’intersectionnalité existe – que dans mon cas j’avais aussi cette double identité (femme – noire) et que par conséquent je pouvais comme je pouvais ne pas être blessée par une forme « d’attaque » telle que celle-ci, sachant qu’une autre pouvait être pire.

Ces petites rencontres… En Bosnie #2 – « Brown girl »

Mon premier lundi à Sarajevo, nous sommes allés le soir au Kino Bosna, un cinéma datant de l’époque de la Yougoslavie et qui est à présent reconverti en bar. Cet endroit est très apprécié, les habitants de Sarajevo s’y retrouvent pour boire, discuter et écouter des musiciens traditionnels qui passent de table en table. En arrivant l’atmosphère est un peu oppressante car je ne suis pas habituée aux espaces clos où il est possible de fumer, mais il respire en même temps la joie de vivre!

Nous nous asseyons avec nos amis. Une ou deux heures plus tard, un homme vient s’accroupir près de ma chaise. Après m’avoir salué il me dit: « I have ask the lady that owns the place if she could introduce me to the brown girl, but she said she can introduce me to a Greek girl » je pouvais voir la vieille dame intriguée pas trop loin. C’était marrant. Et puis il continuait à me dire qu’il avait vraiment insister pour parler à la « Brown girl » et a fini par venir me parler.
Le choix de mot est intéressant et je ne saurai l’expliquer. Mais il ne m’a pas qualifié de « Black » – dénomination bien plus courante – et du coup j’y ai trouvé quelque chose de moins « racialisant », plutôt tourné vers une caractéristique esthétique-physique.  Je ne saurais dire s’il a consciemment choisi ses mots mais cela m’a marqué. Qu’en pensez-vous ?

Puis il me demanda d’où je venais. Dire que je viens de France fait souvent sourciller en premier lieu, puis il me demanda si je venais d’Afrique, si j’étais « a Nubian » (référence je pense à l’image de la « Princesse Nubienne »). Lorsque j’ai mentionné la Guadeloupe, à ma grande surprise il s’excusa plusieurs fois pour son ignorance. Cela ne m’avait pas offensé et je ne souhaitais pas que s’installe une relation de domination. Il ne me dominerait pas en tant qu’homme et je ne le dominerai pas par mes « connaissances ». On a ensuite échangé sur Paris, qui a son sens était une ville ennuyeuse. Avant de repartir, il m’a demandé s’il pourrait revenir me parler car il avait de nombreuses questions à me poser. Cette curiosité ne me dérangeant pas parce que je ne l’ai pas perçu comme négative, je lui ai répondu qu’il n’y aurai pas de problèmes et que je répondrai à ce qui me conviendra. Mais nous ne nous sommes pas reparlé ce soir là…

Mise à jour, 5 Juin:
Mes amis et moi sommes par la suite aller à une autre soirée ce soir là. Je ne pensais pas le rencontré à nouveau, mais hier soir j’ai réalisé au combien Sarajevo était petit en le rencontrant à la Mucha Lucha (4 Juin). Fun fact: il m’a appelé « Guadeloupe ». Nous n’avons pas eu le temps de parler car, j’ai fais une nouvelle rencontre très marrante ce soir là.

Ces petites rencontres… En Bosnie #1 – « Toi, tu es française?! »

Le jour suivant mon arrivée à Sarajevo, je suis entrée avec mes deux colocataires dans une petite épicerie de quartier près du parc Kosevo. Un homme à la caisse nous entendant parler anglais, nous à demander d’où nous venions, tout en continuant à faire face au caissier. Tour à tour nous avons donné notre nationalité. En entendant ma nationalité il se tourna en demandant « Oh qui est français? » et j’ai donc répondu « moi », il a alors réagi en disant  « Toi, tu es française?! ». Je n’ai pu répondre que « oui, moi je suis Française » et nous sommes parti chacun de notre côté.

Ce n’est pas la première fois que cela m’arrive, souvent il s’agit d’une grande surprise et parfois les gens ne me croient pas. Cela m’était arriver souvent en Tanzanie, ils ajoutaient « But originally, where are you from? » Apparemment ce jour là il ne semblait pas ni me croire ni intéressé… ahahah

Cheveux au naturel, les « problèmes » #3

Parce que l’Afro a du mal à être accepté sur le lieu de travail, il semble également être un problème à l’école !

The Unruly afropuff

Tayjha Deleveaux, lycéenne au Bahamas a été en classe avec un « afropuff »qui n’a pas été apprécié par son principal (T. Nicola Mckay) qui l’a menacé de suspension. Les mots employés furent:

  • « unruly »(par la presse locale)
  • « untidy » (par la presse locale)
  • « looks like it would not have been combed for days. » (par l’administration)

Sa mère a donc réagi:

Capture d’écran 2016-02-18 à 15.19.22

Tayjha DeleveauxGrade 11 Student Council RepresentativeKey Club Sergeant at ArmsJunior Achievers Assistant VP of…

Posté par Kessa TD sur mardi 9 février 2016

 

 

 

#SupportThePuff

L’ère du digital à ensuite fait son job: pétition, hashtag, réactions, …

  • Une pétition en ligne a été publiée sur le site iPetitions. A l’heure où je vous écris, la pétition est à 779 signatures.

The Bahamas; an island nation made up of 700 islands keys with a diverse people and a rich history. In all of its beauty, it still carries the burdens of slavery and slave mentalities.

Black women through the course of history have been told that their hair is unworthy and were made to chemically straighten, hot comb or cover their kinky crowns. In order to be seen as beautiful, many women of African decent were told unapologetically that their hair was not beautiful in any other form.

In the year 2013, Natural hair has come back with a great resurgence, proving the nay-sayers wrong that it was indeed beautiful. Many young (and older) women can be seen sashaying the streets of New Providence and throughout The Commonwealth with their puffs, dread locks , curls and kinks, holding their head proudly to the rising sun. Fast forward to 2016 and students of a historic high school are being told that their natural hair is « unacceptable », « untidy », « unfit », « ugly ».

This petition has been created in support of those students and we encourage you the potential voter to consider the damaging effects of telling our precious darlings that in the year 2016, their hair is not good enough to be worn naturally. Sign the petition today and remember to #SupportThePuff.

  • Des détracteurs

La BBC a rapporté qu’il y avait cependant des individus qui supportaient l’action du lycée. Je comprends l’argument avancé selon lequel le principal ne rejetterai pas les cheveux naturels mais plutôt la manière dont ils seraient coiffés.

« The principal never said she had a problem with natural hair… all she wants is for them to keep it neat together and groomed »

Cependant il est dommage qu’un « Afropuff » soit considéré comme quelque chose de décoiffé, alors qu’il s’agit d’un Afro attaché et que souvent – en fonction du type de cheveux – ils sont soignés devant et démêlés au niveau du puff.

  • La Caraïbe et l’Afro

Valley Fontaine, une journaliste de BBC et blogueuse, nous explique que dans la Caraïbe il y a une tendance conservatrice concernant l’apparence personnelle.

Des avis?

  • #ISupportThePuff

Allez-vous vérifier si les « queues de cheval » sont soigneusement démêlées ? Je reconnais qu’il existe des Afro ou Afropuff peu soignés, mais ce genre d’attitude renforce la « norme » du cheveux caucasien et dénigre le cheveux crépus. De plus en plus de femmes et d’hommes souhaitent porter leur Afro et en sont fiers. Je ne pense pas que tous les noirs devraient porter leur cheveux au naturel ou que toutes les filles aux cheveux crépus ou bouclés devraient (ou non) les lisser, mais je pense qu’il devrait y avoir un respect des choix, des beautés et identités de chacun. Les attaques répétées à l’encontre du cheveux Afro en lui même ne devraient pas avoir lieu.

Donc je supporte le puff ! Je supporte le puff soigné, je supporte le puff de la « flemme », je supporte le puff fait car on a pas d’idées d’updo, je supporte le puff sur le côté, je supporte le puff joliment agrémenté, je supporte le puff dans tout ses états.

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Afropuff – New-York 2015

« Ne tapote pas l’afro » Cheveux au naturel, les “problèmes” #2

Je ne sais même pas comment commencer mon histoire…

On était en train de réfléchir a un lieu pour déjeuner quand l’un de mes nouveaux « camarades » d’université arriva et commença naturellement a tapoter mon afro plusieurs fois! C’était comme s’il touchait quelque chose de drôle et « bouncy » pour la première fois. Une fois qu’il eut fini, je lui ai demandé « Tu te sens mieux maintenant? » (Dans ma tête je me disais qu’après un mois ça devait le démanger et qu’il voulait vraiment toucher mes cheveux et savoir…).

En effet, apparemment il voulait savoir si c’était la veritable et naturelle forme de mes cheveux ou si je leur avais fait quelque chose.

[ Wait ! Really ?! ]

Il a ajouté que parfois il avait vu des « black guys » [je me suis dis: surement à la TV] avec un « machin » faisant des « trucs » dans leur cheveux. [Oui, il a aussi mimé le mouvement… Traduction: ”machin” est un peigne et “truc” est le fait de peigner]

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So here comes the sad part… Ce moment où tu dois rappeler que les cheveux des noirs sont à la base souvent comme les miens, que je n’ai rien à faire pour les faire « gonfler » et que la plupart d’entre nous ne sont pas nés avec des cheveux blonds (sorry Beyoncé) et que souvent nos cheveux ne sont pas long et raide (sorry Nicki)… Il m’a alors répondu « je sais mais… » et voici le moment « vos-cheveux-sont-toujours-un-mystère-pour-moi » du caucasien.

Enfin bref, ne tapotez pas l’afro !

Alors que je cherchais des photos pour illustrer l’article… Je suis tombée sur ça: Origins of the Afro comb

Cheveux au naturel, les « problèmes » #1

Voici un excellent point soulevé par @AngelaWNCT concernant les cheveux naturels sur nos lieux de travail. Vidéo: ►http://on.fb.me/1if1rYw

Tout d’abords, pourquoi mes cheveux devraient-ils déconcentrer? Avez-vous déjà entendu parler de longs cheveux lissés qui déconcentreraient ? Je suppose que quelques personnes oublient que tous les cheveux ne sont pas lisses à la base et que des gens ont des cheveux bouclés ou frisés.

J’ai eu un entretien une fois pour L’Oréal. A cause de leur « critères de beautés » il me semblait logique de faire un bun ou quelque chose de « professionnel ». Et bien, #shorthairdontcare (et je n’avais surtout pas le choix) j’ai porté mon Afro et ce fut en fait la meilleure chose que j’ai faite : PAS DE SURPRISE ! J’ai des cheveux naturels, ils s’en seraient rendu compte un jour où l’autre. [Pour la petite histoire, j’ai eu le second entretien mais pas le stage. Et ce ne fut pas à cause de mes cheveux ! Du moins je l’espère… lol]

Mais se fut une leçon et durant mon stage au sein d’une institution Française, j’ai tout fait: tresses, afro et mare têt. Ils doivent comprendre que cela fait partie de notre culture et que concernant mon afro … Il s’agit simplement de mes cheveux. Je ne leur demande pas de se boucler les cheveux. Et si il y a un « hair code » (= dress code) il devrait s’appliquer à tous de la même manière. Il n’y a pas de « politique de cheveux lissés » dans la plupart des entreprises. Ainsi je n’ai pas à lisser ou défriser mes cheveux, sauf si je le souhaite.

Pour finir, nous devons accepter que la plupart du temps ces idées sont des préjugés et des stéréotypes que l’on a nous aussi intériorisé. Par exemple, les personnes avec des locks ne peuvent pas être professionnelles and les personnes avec des afro ne se sont simplement pas coiffés ce matin (cela peut arriver parfois comme à tout le monde, n’est-ce pas ?). Peu importe, nous devons comprendre que nos cheveux sont comme le reste de notre tenue. Nous devons prendre soin de nos cheveux comme du reste de notre garde-robe. Je dirai même, « rock your fro and your outfit !». Montrez que vous pouvez être classe et avoir l’air professionnel, mais que cela ne dépend pas de vos cheveux mais de l’ensemble de votre tenue comme pour tout le monde.